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Promenade aux Alpes / C. A. Snoeck
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AUX ALPES *

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Russe h bord du bateau h vapeur , et nous Fûmes bientôt loin de ces rives en-chanteresses ; en buvant le cruchon de bierre, je mamusais à écrire. Ce trajetd'une douzaine de lieues est un des plus agréables à faire: à droite toujourscette charmante côte du pays de Vaud , verte de vignes , parsemée de villes,villages , hameaux et châteaux innombrables ; à gauche ces rives savoyardesqui ne sont pas si riantes , mais également intéressantes.On approche de la côt 0suisse à chaque petite ville , afin dv débarquer ou prendre des voyageurs. Nousdéfilâmes ainsi devant Morges , St.-Preas, Polie, Nyon et Coppet , que M r . Neckeret M. me De Staël sa fille ont rendue célèbre; le voyageur apperçoit bientôt Fcrney,qui doit sa célébrité k Voltaire . A 7 heures nous débarquâmes k Genève ; desuite je me rendis chez le pharmacien , pour lequel le Saxon mavait remis unbillet de recommandation ; nétant pas chez lui, on me désignait tout de mêmeune auberge, et adieu le pharmacien et la recommandation. Bonnet, traiteurà l'Epée couronnée, voilà mon logis, que je trouvais entassé de citoyens etdétrangers. Je fus traité dune soupe, dun morceau de viande et dune bouteillede vin , une chambre au troisième me fut assignée , je fis bonne nuit.

22 Août.

A 7 heures, pimpé au mieux , je me mis en course. Ces remparts riches derenommée, changent en promenades publiques dignes sans doute de ce nom;mais que veut-on faire de promenades, quant la nature offre en dedans et endehors de la ville, tout ce quon peut désirer dans ce genre ; je remarquais lesdeux ponts de fil de fer suspendus par dessus les fossés des fortifications ; peude mouvement les fait balancer: toutest en fil de fer lié ensemble , sauf plan-cher. Une forte pluie me fit rentrer en ville ; quelques centaines douvriers mois-sonneurs et autres que je trouvais assemblés, piquaient ma curiosité; japprisquil est dhabitude que ces gens se rendent le dimanche munis de leurs outils,sur cette place , ceux qui ont besoin de leur service , viennent les inspecteret les louer ; laccord se fait sur les lieux.

Dans laprès-dîner je suivis machinalement la foule , qui me conduisit auplain-palais, belle, plaine hors la ville, entourée de bon nombre de guio«net-tes on samuse à manger, boire et danser. La plaine est parsemée de dan-seurs de corde, descamoteurs : dorchestres ambulants répandent la gaîté. Unegrande partie de la population genevoise se trouve à ces fêtes. Le plaisir, lecontentement et laisance se trouvent empreints sur le visage de ces heureux