34 AMÉNAGEMENT
lumières. Enfin l’expérience lût-elle mi^e lois plusfacile encore , si elle ne se fait pas , cm si elle se faitmal , c’est comme si elle était impossible.
Mais , en attendant que des agronomes exercés etpatiens aient vérifié et nous instruisent si la théorieque j’ai développée cadre avec leurs observations, jecrois ne pouvoir mieux terminer ce mémoire que parun apperçu rapide de la très-grande différence deY intérêt du propriétaire qui coupe un bois pour levendre , avec Y intérêt du consommateur , c’est-à-diredu public.
Un propriétaire possède un taillis de vingt ans etde la valeur de 3ooo liv. ; la production annuelle dece bois doit donc être évaluée à i5o liv.
Si le propriétaire vend la dépouille de ce taillis àvingt ans , et place à intérêts ces 3ooo liv. , ils aug-menteront encore son revenu de i5o liv.
S’il suspend sa vente , et que la valeur intrinsèqueacquise par le taillis pendant la vingt-unième annéeexcède 3oo liv., il a bien fait de suspendre.
Si la valeur acquise pendant la vingt-unième annéene s’élève qu’à 25o liv., le propriétaire est en pertede 5o liv., mais la consommation a gagné ioo liv. ;c’est-à-dire , le même terrain qui, si le bois eût étécoupé , n’eût reproduit qu’une valeur de loo liv., ena physiquement produit une de ioo liv. de plus.
Dans ces circonstances peut-on forcer ce proprié-taire à suspendre sa coupe? Non , sans blesser sonintérêt , et commettre une injustice.
Si un bois semblable était à la disposition du gou-vernement, l’administrateur ferait-il bien d’en or-donner la coupe? Non, parce qu’il blesserait essen-tiellement Y intérêt du consommateur ou du public,dont il est le délégué et le représentant.
Ainsi tout démontre , aux yeux de la raison , l’ex-trême importance , ou plutôt l’absolue nécessité , de
E orterla coupe des bois taillis nationaux à une époqueeaucoup plus reculée que ue l’est ordinairement la