nombre qui existait lorsque le taillis n’avait que vingtans; or’, dans l’intervalle de la vingtième à la tren-tième année , il en périt beaucoup.
Oui , sans doute , il en périt. Quelqu’âge qu’ait lotaillis, les gros brins étouffent les brindilles, et cedéchet est totalement perdu pour la consommation.C’est pour en rédimer la perte que j’ai proposé leséclaircies dont il a élé question dans ce mémoire.Cependantil y a proportionnellement beaucoup moinsde brindilles , ou de brins très- faibles , lorsque letaillis a atteint sa vingtième année , que dans les an-nées précédentes. Le plus grand préjudice qu’occa-sionne alors l’excès du rapprochement des brins estde ralentir leur grossissement mutuel. Mais , encoreune fois , rien n’empêche le possesseur de l’usined’éclaircir son taillis à l’Age de quatorze à quinze ans,sans que de ceLte éclaircie, qui lui produira unequantité assez considérable de charbonnette , il ré-sulte aucune diminution sensible sur le produit quele taillis doit donner à l’âge de trente ans. D’ailleursle taillis croît en hauteur pendant les dix dernièresannées de la révolution trentenaire ; or nous n’avonspoint porté en compte cette augmentation, qui seuleest capable de compenser la perte des brins faibles.
Cependant, comme , dans des spéculations de l’es-pèce dont il s’agit, le moindre chômage peut entraînerà de grandes pertes, le possesseur d’une usine doitnon-seulement s’assurer pleinement du maximum decroissance de son bois , mais être certain de pouvoirsuppléer constamment, par des achats à sa portée,au déficit extraordinaire des quatorze premières an-nées.
A l’égard des moyens de s’assurer qu’il n’y a pasde décroissance dans le grossissement annuel, il n’estpas indispensablement nécessaire d’avoir un cantonde réserve pour faire des mesurages avec le compascourbe ; il suffira , le plus souvent, d’examiner latranche de quelques brins, et d’y observer l’épaisseur