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1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
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DES TAILLIS . 89

nombre qui existait lorsque le taillis n’avait que vingtans; or’, dans l’intervalle de la vingtième à la tren-tième année , il en périt beaucoup.

Oui , sans doute , il en périt. Quelqu’âge qu’ait lotaillis, les gros brins étouffent les brindilles, et cedéchet est totalement perdu pour la consommation.C’est pour en rédimer la perte que j’ai proposé leséclaircies dont il a élé question dans ce mémoire.Cependantil y a proportionnellement beaucoup moinsde brindilles , ou de brins très- faibles , lorsque letaillis a atteint sa vingtième année , que dans les an-nées précédentes. Le plus grand préjudice qu’occa-sionne alors l’excès du rapprochement des brins estde ralentir leur grossissement mutuel. Mais , encoreune fois , rien n’empêche le possesseur de l’usined’éclaircir son taillis à l’Age de quatorze à quinze ans,sans que de ceLte éclaircie, qui lui produira unequantité assez considérable de charbonnette , il ré-sulte aucune diminution sensible sur le produit quele taillis doit donner à l’âge de trente ans. D’ailleursle taillis croît en hauteur pendant les dix dernièresannées de la révolution trentenaire ; or nous n’avonspoint porté en compte cette augmentation, qui seuleest capable de compenser la perte des brins faibles.

Cependant, comme , dans des spéculations de l’es-pèce dont il s’agit, le moindre chômage peut entraînerà de grandes pertes, le possesseur d’une usine doitnon-seulement s’assurer pleinement du maximum decroissance de son bois , mais être certain de pouvoirsuppléer constamment, par des achats à sa portée,au déficit extraordinaire des quatorze premières an-nées.

A l’égard des moyens de s’assurer qu’il n’y a pasde décroissance dans le grossissement annuel, il n’estpas indispensablement nécessaire d’avoir un cantonde réserve pour faire des mesurages avec le compascourbe ; il suffira , le plus souvent, d’examiner latranche de quelques brins, et d’y observer l’épaisseur