DES FUTAIES. 53
étrange entre le fait et les principes, l’aveu de M. Tel-les d’Acosta , l’un des plus grands partisans des bali-veaux , qui convient qu’en Champagne les adjudica-taires des coupes qui approvisionnent Paris , exploi-tent de préférence les baliveaux pour le chauffage,et tirent peu à la charpente.
Veut-on encore un exemple plus frappant des con-tradictions dont nos ouvrages sur l'agriculture four rmillent, lorsque les auteurs se jettent dans les géné-ralités , sans être prémunis d’un nombre suffisantd’observations particulières ?
M. Plinguet, ingénieur en chef du duc d’Orléans,dans un ouvrage imprimé en 1789, sous le titre deTraité sur les réformations et les aménagemens desForêts , où il est principalement question de cellesd’Orléans et de Montargis , s’exprime dans les termesqui suivent ( page 9 ):
« Nous ne dirons rien sur la différence de bonté» qui se trouve entre la charpente qui provient des» futaies , et celle que produisent les baliveaux sur» taillis. D’une part, l’emploi des uns et des autres» dans la construction ne nous démontre que trop» souvent, par de mauvais effets , la dangereuse qua-» lité de ces derniers ; et d’autre part , la théorie,» appuyée d’une suite d’expériences faites avec infi-» niment de précautions par Buff’on, sur la force des» bois , 11e laisse aucun lieu de douter de la mauvaise» qualité de ceux-ci, et fera toujours préférer la» charpente qui nous viendra des futaies ».
Un auteur presque aussi moderne, M. Pannelier-d’Annel, dans une brochure intitulée Essai sur l’amé-nagement des Forêts , imprimé en 1784, nous dit,dans une note ( page 16 ) , à l’occasion de la forêt deCompiègne, « que les baliveaux sur taillis ont des» droits, au moins sur un sens, que n’ont pas les arbres» crus en futaie, qui ( page 11 ) ne viennent jamais» droits » : proposition neuve , et que j’ai lu plu-sieurs fois, pour vérifier si je ne me trompais pas.