54 aménagement
« Ce qui fait, ajoute l’auteur, que ces baliveaux» donnent des pièces dont la longueur répond à la» hauteur de l’arbre , des pièces de trente à soixante}> pieds, et même quelquefois plus ; et comme arbres» isolés , continuellement frappés de l’air et du soleil,» ils ont toute la qualité que comportent le climat et» le terrain ; en un mot, ils ont ce qui manque aux» arbres venus en massif de futaie , c’est-à-dire tout ».
Le bois d’un baliveau, on en convient, est plusdur et plus dense que celui d’uu arbre semblablecru eu massif, dans le cas seulement où celui-ciaurait été gêné dans sa croissance, et qu’elle en eûtété ralentie. Mais, dans tous les cas , il n’est pointvrai que le baliveau soit plus fort, puisqu’il est très-chargé de nœuds, et que les nœuds affaiblissent lebois de plus d’un quart, comme le remarque BufFou( Hist. natur. suppl. zVz-4 0 . tome 11 , page 128. Voyezaussi Duhamel, Traité de l’expl. des Bois , tome T,page 88 ). Nous croyons aussi que la plus grandedensité, ainsi que la plus grande dureté d’un arbreisolé , ne sont point l’effet des causes que rapportentles seeiateursdes baliveaux. Les coups de soleil subitsaprès une violente gelée, les alternatives de froid etde chaud, les violens orages, peuvent occasionneret produisent en effet des gélivures, des chancres ,des gouttières , des roulures , des brisures , des acci-dens enfin qui détruisent la plus grande partie de nosbaliveaux ; mais nous ne voyons pas en quoi ils pour-raient favoriser leur croissance et donner du nerf àleur bois. Qui doute que l’air et la lumière ne soientnécessaires à la végétation? Mais ils ne sauraient avoirde l’influence sur la tige d’un arbre. Quel effet pro-duiraient-ils au travers de l’épiderme épais et sansvie.dont le corps de l’arbre est environné? C’est surles jeunes branches , les boutons et les feuilles qu’ilsagissent. Pour peu qu’on ait étudié la théorie de lavégétation , on sait qu’il y a action et réaction perpé-tuelles et réciproques des feuilles sur les racines, et