Buch 
1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
Entstehung
Seite
55
JPEG-Download
 

DES FUTAIES. 55

des racines sur les feuilles , et qu’ainsi , pour qu’unarbre prospère, il lui faut un espace suffisant dansle sein de la terre pour y étendre ses racines, et unespace suffisant dans le vague des airs pour y étendreses rameaux. Toutes les lois que l’arbre est gêné , oude l’une ou de l’autre manière , sa croissance en estretardée, il s’affaiblit, il languit, et quelquefois il enmeurt.

D’autre part, Buffon et Duhamel ( Histoire nat.suppl. in- 4°. tome H , page 124 ; et Exploitation desBois , page 687) nous ont appris que de deux arbressemblables , de même tige et crus dans le même ter-rain , celui dont les couches annuelles sont plusépaisses et le grossissement plus accéléré , est incom-parablement plus fort, plus nerveux et spécifique-ment plus lourd que celui de l’arbre amaigri auquelon le compare. Ce n’est donc pas parce qu’un chêneaura cm en massif de futaie qu’il est faible, maisparce qu’il y a souffert, (^uoi qu’il en soit, on pare àcet inconvénient par les éclaircies que nous propo-sons. Elles feront participer les arbres successivementréservés, tant aux bonnes qualités qu’on attribue auxbaliveaux, qu’à celles des arbres crus en massif, etles garantiront en même tems des défauts qu’on leurreproche à tous deux. Mais revenons à notre arpentde cent ans d’âge.

Les soixante-dix arbres qui le composent , dansl’hypothèse , auront au moins trente pieds de tige,portant quinze pouc. d’équarrissage au gros bout, etneuf à dix pouces à l’autre extrémité , conformémentà l’estimation de Duhamel, qui a observé que lesliges diminuaient d’un pouce de gros par pied de hau-teur, Eu cet état ils vaudraient au moins 18 liv. dansle département que j’habite , et par conséquent lavaleur de l’arpent serait de 1260 liv. Un coup-d’œiljette sur la table suivante , prouvera l’avantage del’aménagement que je propose.

Si l’on eût continué de tenir cet arpent en taillis,