DES FUTAIES. 55
des racines sur les feuilles , et qu’ainsi , pour qu’unarbre prospère, il lui faut un espace suffisant dansle sein de la terre pour y étendre ses racines, et unespace suffisant dans le vague des airs pour y étendreses rameaux. Toutes les lois que l’arbre est gêné , oude l’une ou de l’autre manière , sa croissance en estretardée, il s’affaiblit, il languit, et quelquefois il enmeurt.
D’autre part, Buffon et Duhamel ( Histoire nat.suppl. in- 4°. tome H , page 124 ; et Exploitation desBois , page 687) nous ont appris que de deux arbressemblables , de même tige et crus dans le même ter-rain , celui dont les couches annuelles sont plusépaisses et le grossissement plus accéléré , est incom-parablement plus fort, plus nerveux et spécifique-ment plus lourd que celui de l’arbre amaigri auquelon le compare. Ce n’est donc pas parce qu’un chêneaura cm en massif de futaie qu’il est faible, maisparce qu’il y a souffert, (^uoi qu’il en soit, on pare àcet inconvénient par les éclaircies que nous propo-sons. Elles feront participer les arbres successivementréservés, tant aux bonnes qualités qu’on attribue auxbaliveaux, qu’à celles des arbres crus en massif, etles garantiront en même tems des défauts qu’on leurreproche à tous deux. Mais revenons à notre arpentde cent ans d’âge.
Les soixante-dix arbres qui le composent , dansl’hypothèse , auront au moins trente pieds de tige,portant quinze pouc. d’équarrissage au gros bout, etneuf à dix pouces à l’autre extrémité , conformémentà l’estimation de Duhamel, qui a observé que lesliges diminuaient d’un pouce de gros par pied de hau-teur, Eu cet état ils vaudraient au moins 18 liv. dansle département que j’habite , et par conséquent lavaleur de l’arpent serait de 1260 liv. Un coup-d’œiljette sur la table suivante , prouvera l’avantage del’aménagement que je propose.
Si l’on eût continué de tenir cet arpent en taillis,