6o _ AMÉNAGEMENT
Tout est avances , art et travail perpétuels sur lesfonds en culture. I.'intérêt de ces avances , joint auprix du travail, monte le plus souvent aux quatrecinquièmes de la valeur reproduite, et se renouvelleindispensablement après chaque récolte.
Les bois, au contraire, exigent peu de frais; onles y renouvelle du moins si rarement, qu'à dire vraic’est la nature qui fait tout ; à peine l’art lui prête-t-ilquelques secours , encore est-ce principalement à nepas gêner la nature que cet art consiste : premièredifférence.
Le moment de la récolte des plantes céréales estfixe , et déterminé par celui de la maturité. Aussisont-elles rarement dévastées par les hommes, parceque , pendant les moissons , tous sont occupés. Iln’en est pas tout-à-fait de même , à la vérité, de cer-tains fruits de la terre qui n’exigent pas une parfaitematurité pour être déjà comestibles , tels que le rai-sin , le mais, les raves, les pommes de terre, etc.Cependant, s’il s’en dérobe une partie , la perte n’estqu’accidentelle , et ne porte que sur le produit d’uneseule année.
Mais les bois n’ont pas de maturité proprementdite ; à tout âge leur dépouille a une valeur quel-conque. Ainsi, et indépendamment du mal incalcu-lable qu’y cause la vaine pâture, l’été comme l’hiver,la nuit comme le jour, tous lestems sont bons pourles maraudeurs ; et la perte qu’ils causent est d’au-tant moins réparable , qu’elle enlève le produit d’uneplus longue attente : deuxième différence.
Comme la valeur intrinsèque du fonds cultivablealiéné demeure à peu près la même , le fermier oule métayer eût-il été négligent, le vendeur court peude risques à laisser à son acquéreur plus ou moinsde délai pour s’acquitter, puisque , si les conditionsde l’aliénation sont mal exécutées, il lui reste la fa-culté de rentrer dans son ancienne propriété , qui n’apas sensiblement perdu de sa valeur première.