Buch 
1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
Entstehung
Seite
60
JPEG-Download
 

6o _ AMÉNAGEMENT

Tout est avances , art et travail perpétuels sur lesfonds en culture. I.'intérêt de ces avances , joint auprix du travail, monte le plus souvent aux quatrecinquièmes de la valeur reproduite, et se renouvelleindispensablement après chaque récolte.

Les bois, au contraire, exigent peu de frais; onles y renouvelle du moins si rarement, qu'à dire vraic’est la nature qui fait tout ; à peine l’art lui prête-t-ilquelques secours , encore est-ce principalement à nepas gêner la nature que cet art consiste : premièredifférence.

Le moment de la récolte des plantes céréales estfixe , et déterminé par celui de la maturité. Aussisont-elles rarement dévastées par les hommes, parceque , pendant les moissons , tous sont occupés. Iln’en est pas tout-à-fait de même , à la vérité, de cer-tains fruits de la terre qui n’exigent pas une parfaitematurité pour être déjà comestibles , tels que le rai-sin , le mais, les raves, les pommes de terre, etc.Cependant, s’il s’en dérobe une partie , la perte n’estqu’accidentelle , et ne porte que sur le produit d’uneseule année.

Mais les bois n’ont pas de maturité proprementdite ; à tout âge leur dépouille a une valeur quel-conque. Ainsi, et indépendamment du mal incalcu-lable qu’y cause la vaine pâture, l’été comme l’hiver,la nuit comme le jour, tous lestems sont bons pourles maraudeurs ; et la perte qu’ils causent est d’au-tant moins réparable , qu’elle enlève le produit d’uneplus longue attente : deuxième différence.

Comme la valeur intrinsèque du fonds cultivablealiéné demeure à peu près la même , le fermier oule métayer eût-il été négligent, le vendeur court peude risques à laisser à son acquéreur plus ou moinsde délai pour s’acquitter, puisque , si les conditionsde l’aliénation sont mal exécutées, il lui reste la fa-culté de rentrer dans son ancienne propriété , qui n’apas sensiblement perdu de sa valeur première.