72 balance de la consommationAu moyen d’une espèce de chapelet composé de centanneaux divisés de dix en dix , on se méprendra peusur le nombre. L’opération ne doit pas durer deuxheures , si, pendant que l’on comptera une tranche,deux ouvriers placent un cordeau plus loin , et si untroisième , avec une serpe , désobstrue le passage enfaveur de la personne qui , en comptant, ne doit pasêtre distraite.
On tracera de la même manière un second arpent,dans un canton où le taillis aura quarante ans d’âge;on en comptera également les brins. Vraisemblable-ment ils ne monteront pas à la moitié de ceux qu’onaura comptés dans l’arpent de vingt ans; cependantil faut s’en assurer. Or, s’il est prouvé par le résultatque les brins de quarante ans ont étouffé la moitiédes brins dont l’arpent était chargé à l’âge de vingtans , je demande déjà si ceux-ci n’ont pas été entière-ment perdus pour ta consommation, et si nous sommesen situation d’en faire le sacrifice (i).
On fera éclaircir l’arpent de vingt ans ; on le ré-duira , je le suppose , à peu près au même nombre debrins dont l’arpent de quarante ans s’est trouvé chargé,et cependant on en recommencera le dénombrementaprès l’éclaircie , pour avoir au juste la quantité desbrins qu’on aura laissé subsister.
Il sera choisi vingt brins dans le taillis éclairci ,ils seront numérotés ; on en prendra le diamètre avec
(i) J’adresse cette question principalement à ceux qui , égarés par lespréjugés d’une ancienne routine qu’ils nomment expérience , rejettentavec dédain toute espèce de nouveauté , qu’ils appellent sysicme. Je lesinvite , lorsqu’ils abattront un taillis dont les brins seront très-rapprochés ,d^examinei avec attention la marche des couches annuelles. Assez cons-tamment ils reconnaîtront près du centre douze à quinze couches épaisses ,suivies d’autres couches qui se rétiécissent k mesure qu’elles se rapprochentde l’ccorcc. Pourront-ils rendre raison de ce phénomène , siuon en con-venant que le brin a été amaigri par défaut de nourriture ?
Ainsi , non-seulement le bois déjà existant 9 puis anéanti , a été perdupour la consommation , comme on l’a dit , mais iJ a nui au grossissementdes brins qui lui ont survécu à dater de l’époque où les couches ont com-mence de se relieur ; ce qui constitue évidemment une double perte.