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1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
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72 balance de la consommationAu moyen d’une espèce de chapelet composé de centanneaux divisés de dix en dix , on se méprendra peusur le nombre. L’opération ne doit pas durer deuxheures , si, pendant que l’on comptera une tranche,deux ouvriers placent un cordeau plus loin , et si untroisième , avec une serpe , désobstrue le passage enfaveur de la personne qui , en comptant, ne doit pasêtre distraite.

On tracera de la même manière un second arpent,dans un canton où le taillis aura quarante ans d’âge;on en comptera également les brins. Vraisemblable-ment ils ne monteront pas à la moitié de ceux qu’onaura comptés dans l’arpent de vingt ans; cependantil faut s’en assurer. Or, s’il est prouvé par le résultatque les brins de quarante ans ont étouffé la moitiédes brins dont l’arpent était chargé à l’âge de vingtans , je demande déjà si ceux-ci n’ont pas été entière-ment perdus pour ta consommation, et si nous sommesen situation d’en faire le sacrifice (i).

On fera éclaircir l’arpent de vingt ans ; on le ré-duira , je le suppose , à peu près au même nombre debrins dont l’arpent de quarante ans s’est trouvé chargé,et cependant on en recommencera le dénombrementaprès l’éclaircie , pour avoir au juste la quantité desbrins qu’on aura laissé subsister.

Il sera choisi vingt brins dans le taillis éclairci ,ils seront numérotés ; on en prendra le diamètre avec

(i) J’adresse cette question principalement à ceux qui , égarés par lespréjugés d’une ancienne routine qu’ils nomment expérience , rejettentavec dédain toute espèce de nouveauté , qu’ils appellent sysicme. Je lesinvite , lorsqu’ils abattront un taillis dont les brins seront très-rapprochés ,d^examinei avec attention la marche des couches annuelles. Assez cons-tamment ils reconnaîtront près du centre douze à quinze couches épaisses ,suivies d’autres couches qui se rétiécissent k mesure qu’elles se rapprochentde l’ccorcc. Pourront-ils rendre raison de ce phénomène , siuon en con-venant que le brin a été amaigri par défaut de nourriture ?

Ainsi , non-seulement le bois déjà existant 9 puis anéanti , a été perdupour la consommation , comme on l’a dit , mais iJ a nui au grossissementdes brins qui lui ont survécu à dater de l’époque où les couches ont com-mence de se relieur ; ce qui constitue évidemment une double perte.