ET DE LA CONSOMMATION DES BOIS. 77par les autres , n’est au fond qu’une éclaircie malfaite. On a pris trop long-tems le change sur lescauses du peu de nerf des bois crus en massif, enl’attribuant, au défaut d’air. L’air manque au milieud’une forêt ! et cette niaiserie se répète en vingt vo-lumes ! Si l’on avait mieux étudié la nature , et plusattentivement médité les belles expériences de Mal-pighi , Halles, Duhamel et JBufFon , et l’excellent ou-vrage de M. Bonnet sur l’usage des feuilles dans lesvégétaux , on aurait reconnu que la maigreur desarbres venait du défaut d’espace , de soleil et de nour-riture , leur faiblesse de leur maigreur, et que ledernier degré de perfection dont notre économie fo-restière est susceptible , consiste en ce que la terre ,en tout tems chargée de tout ce qu’elle peut rapporterpour avoir la quantité , ne soit en aucun tems char-gée au-delà de ce qu’elle doit produire pour obtenirla qualité. Or , je n’apperçois de moyens pour y par-venir , que celui des éclaircies , combinées d’aprèsdes observations suivies sur le grossissement.
D’ailleurs , une futaie , pour l’ordinaire , n’est pasuniquement garnie en chêne. Si l’on s’abstient d’éclair-cir , que deviendront les arbres dont la vie ne se pro-longe pas autant que celle du chêne, tels que l’orme,le frêne, le hêtre , etc. ? Nécessairement ceux-ci pé-riront sur place , ou bien les chênes seront abattusavant d’avoir atteint leur maximum.
Nous venons de décrire la manière d’établir lesexpériences dans une grande forêt 3 nous avons vucommentle déclin du grossissement conduisait à fixerl’époque du renouvellement des éclaircies 3 nous avonsprésenté les bases qui décident du nombre des brinsqu’il conviendra de réserver à quelque époque quece soit. D’après ces principes, il est facile de déter-miner avec précision le produit de la masse entière,puisque les résultats obtenus sur une couple d’arpenss’appliquent à tous les arpens d’une nature semblableexistans dans la même forêt , et l’aménagement pour