ET DE LA REPRODUCTION DES BOIS. 79par les observations rapportées pages 11 et 24 dupremier mémoire , sera-t-elle praticable dans unegrande exploitation , celle , par exemple , où se trou-veraient trois à quatre mille arpens réductibles enfutaies? Qu’un particulier fasse éclaircir un bouquetd’une vingtaine d’arpens, qu’il y emploie des ou-vriers à la journée, il le peut, rien ne le gêne 3 ildirige l’opération lui-même, ou la fait diriger parun maître-ouvrier intelligent ; on ne coupera que lesbrins qu’il faut couper , on épargnera tous ceux qu’ilconviendra d’épargner. Mais il n’en est pas de mêmeà l’égard d’une vaste forêt : où trouver la quantitéd’ouvriers nécessaires? D’ailleurs tout marché à lajournée doit être banni d’une exploitation de cegenre , comme sujet à de trop grands inconvéniens.Üi au contraire on prend le parti d’adjuger la dé-pouille d’une éclaircie comme on adjuge la couped’un taillis , l’intérêt de l’adjudicataire le portera àabattre beaucoup plus de brins qu’il n’aurait dû 3 etloin de réserver les plus belles tiges, il ne laisserasubsister que les plus chétives : le marché serait doncmauvais , et conséquemment impraticable.
Cette objection est forte ; mais les difficultés qu’elleprésente ne me paraissent pas , à beaucoup près ,insurmontables.
En parlant, pag. 5 l, de l’éclaircie faite sur vingt-trois arpens de treize ans d’âge , on a dit qu’elle avai tcoûté 600 liv., ou , ce qui revient au même , qu’elleavait employé sept cents cinquante journées à i5 s.C’est à x-aison de trente-deux journées deux tiers pararpent.
Bornons , si l’on veut, à cent trente le nombre desjournées propres au travail pendant les six mois d’hi-ver ; il en résulte, premièrement, que six mille cinqcents trente-deux journées, ou cinquante ouvrierspendant cent trente jours , pourront éclaircir deuxcents arpens 3 en second lieu, que quatre mille ar-peus seront éclaircis dans l’espace de vingt ans ,