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1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
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8o BALANCE DE LA CONSOMMATION

auparavant qu’on soit obligé de revenir sur les pre-mières éclaircies pour les renouveller.

D’ailleu rs on voudra bien remarquer que, dansl’expérience faite sur les vingt-trois arpens , il s’agis-sait d’un taillis de treize ans , et qu’ainsi il y avaitplus be brins à exploiter , plus d’embarras pour lessortir, et conséquemment plus de tems à employerque si le taillis eût eu vingt ans ; que ces ouvriersn’étaient pas encore fort exercés à ce genre de tra-vail , et que, suivant toute apparence, l'ouvrage,à la seconde époque , exigera moins de frais.

Dans une grande forêt, les ouvriers ne travaille-ront point à la journée -, leur salaire sera réglé parcorde , par toise decharbonnetle , par cent de fagotssortis et rangés hors de l’éclaircie. Dix ouvriers abat-tront pendant que les quarante autres façonneront ;un surveillant suffira pour diriger l’opération del’abattage, conformément aux instructions qui luiauront été données , et la marchandise sera venduesur place par adjudication , avec cette différencequ’étant ouvrée, elle sera à la portée d’un plus grandnombre de concurrens (i).

Loin d’entrevoir aucun abus dans cette opéra-tion , j’y découvre , indépendamment des bénéficesphysiques de l’éclaircie , quelques avantages moraux.

(i) Les éclaircies doivent se faire à la journe'e , non à forfait , avons-nous dit page 14 du premier mémoire. Dans une grande foret les ouvriersne travailleront point à la journe'e , disons-nous dans celui-ci. Cettecontradiction qu’on pourrait nous reprocher n’est qu’apparente , et s’éva-nouit si l’on fait attention à ce qui précède et ce qui suit ces deux phrases.

Dans le premier mémoire il est question d’un taillis très-jeune , d’uneétendue médiocre , et d’employer des ouvriers novices à un genre de tra-vail qui ne doit pas être répété tous les ans. Dans cette circonstance , ilserait difficile de conclure un marché dont les hases seraient mal connuesdu propriétaire et de l’entrepreneur. Ici , au contraire , le taillis estsupposé avoir au moins vingt ans d’âge , l’étendue en est vaste , la dé-pouille considérable et d’une grande valeur ; et comme l’opération doitse renouveller tous les ans , les ouvriers et l’ordonnateur , devenus plushabiles , pourront conclure leur marché en connaissance de cause : lepoint essentiel , dans l’un comme dans l’autre cas . consiste en ce quele prix de l’éclaircie ne soit point fixé par arpent.