8o BALANCE DE LA CONSOMMATION
auparavant qu’on soit obligé de revenir sur les pre-mières éclaircies pour les renouveller.
D’ailleu rs on voudra bien remarquer que, dansl’expérience faite sur les vingt-trois arpens , il s’agis-sait d’un taillis de treize ans , et qu’ainsi il y avaitplus be brins à exploiter , plus d’embarras pour lessortir, et conséquemment plus de tems à employerque si le taillis eût eu vingt ans ; que ces ouvriersn’étaient pas encore fort exercés à ce genre de tra-vail , et que, suivant toute apparence, l'ouvrage,à la seconde époque , exigera moins de frais.
Dans une grande forêt, les ouvriers ne travaille-ront point à la journée -, leur salaire sera réglé parcorde , par toise decharbonnetle , par cent de fagotssortis et rangés hors de l’éclaircie. Dix ouvriers abat-tront pendant que les quarante autres façonneront ;un surveillant suffira pour diriger l’opération del’abattage, conformément aux instructions qui luiauront été données , et la marchandise sera venduesur place par adjudication , avec cette différencequ’étant ouvrée, elle sera à la portée d’un plus grandnombre de concurrens (i).
Loin d’entrevoir aucun abus dans cette opéra-tion , j’y découvre , indépendamment des bénéficesphysiques de l’éclaircie , quelques avantages moraux.
(i) Les éclaircies doivent se faire à la journe'e , non à forfait , avons-nous dit page 14 du premier mémoire. Dans une grande foret les ouvriersne travailleront point à la journe'e , disons-nous dans celui-ci. Cettecontradiction qu’on pourrait nous reprocher n’est qu’apparente , et s’éva-nouit si l’on fait attention à ce qui précède et ce qui suit ces deux phrases.
Dans le premier mémoire il est question d’un taillis très-jeune , d’uneétendue médiocre , et d’employer des ouvriers novices à un genre de tra-vail qui ne doit pas être répété tous les ans. Dans cette circonstance , ilserait difficile de conclure un marché dont les hases seraient mal connuesdu propriétaire et de l’entrepreneur. Ici , au contraire , le taillis estsupposé avoir au moins vingt ans d’âge , l’étendue en est vaste , la dé-pouille considérable et d’une grande valeur ; et comme l’opération doitse renouveller tous les ans , les ouvriers et l’ordonnateur , devenus plushabiles , pourront conclure leur marché en connaissance de cause : lepoint essentiel , dans l’un comme dans l’autre cas . consiste en ce quele prix de l’éclaircie ne soit point fixé par arpent.