A UNE CRITIQUE. 87
respectables, j’ajouterais qu’elles ont achevé de m’en con-vaincre.
Cependant je me garderai bien d’en conclure la proscriptionsubite des baliveaux. Dans les circonstances actuelles la néces-sité nous force à en conserver précieusement l’usage , toute-fois eu le modifiant, jusqu’à ce que les futaies en massifsoient successivement rétablies de manière à suppléer sura-bondamment la trop faible , mais trop indispensable ressourcedes baliveaux.
On voit, par cet exposé , quelles sont les opinions de M. deB.et les miennes sur les futaies , et combien elles diffè-
rent. Le nom de mon adversaire est imposant, et c’est enquoi nous différons encore ; mais l’objet que nous avons traitétous deux est d’une importance si majeure , les erreurs en cegenre d’administration peuvent être si funestes , que , nonobs-tant mon aversion pour les disputes polémiques, je me voisentraîné, malgré moi, dans la nécessité de discuter les raisons
dont M. de B. étaie sou système , et de les combattre
avec d’autant plus de force , que je le crois plus dangereux.
Pour prouver que les futaies en massif détruisent les bois ,
M. de B.expose, 1°. qu’à cent vingt ans, âge qu’on
doit au moins supposer à la futaie lorsqu’on l’abat, les troncstrop vieux seront incapables de repousser du taillis touffu , sil’on considère la distance des souches entre elles.
Comme, loin de réserver les vieilles souches d’une futaiequ’il s’agit de repeupler , je crois convenable d’abattre en
arrachant , il serait superflu de suivre M. de B.dans ses
détails sur le .faible recru qu’elles produisent. Sur ce pointnous sommes parfaitement d’accord.
2°. Tl expose que les frais de repeuplement par la voie desplantations ou par la voie des semis sont si excessifs , qu’ilsrebutent le propriétaire , et que le terrain , s’il n’est défrichépour y semer du blé , n’est plus qu’un terrain vague et sansvaleur.
Cet excès de dépense, que M. de B.trouve si rebu-
tant , ne proviendrait-il pas de l’ignorance ou de la mala-dresse , et quelquefois de l’entêtement des sous-ordres aux-quels les grands propriétaires tels que lui se confient ? S’il veutbien prendre la peine de relire ce que Buffon et Duhamel ontécrit sur les semis et plantations des bois , je crois qu’il insis-tera un peu moins sur la dépense excessive du repeuplement,et qu’il se désabusera de l’erreur de croire que les baliveauxgarantissent les jeunes taillis de la gelée. Ils produisent préci-sément l’effet contraire.
A la vérité, il e&t à craindre que le propriétaire, alléché