A UNE CRITIQUE. 89
qui approvisionnent Paris exploitent les baliveaux pour lechauffage, et tirent peu à la charpente, suivant M. Tellèsd’Acosta. Ils ne sont donc pas meilleurs.
Faut-il encore répéter, d’après Réauniur , Duhamel etBuffon , que les baliveaux nuisent à la croissance du taillis ,qu’ils y occasionnent des gelées pernicieuses , qu’ils sont plussujets aux maladies que les arbres crus en massif, telles queles gélivures , les gouttières , les chancres , les roulures , etc. ?
Mais voici un fait que je ne crois décrit par aucun auteurforestier , du moins je ne nie rappelle pas de l’avoir lu nullepart ; il n’en est pas moins incontestable.
Lorsque les baliveaux du premier âge ont été réservés surun terrain profond et fertile , plus le taillis où ils ont cru étaitâgé , touffu et serré , plus l’arbre est allongé , maigre et faible.Il est surmonté par une petite houpe composée de branchesgrêles et étiolées , qu’à peine cependant la tige est capable desupporter. Cette tige se couvre de jeunes branches qui percentde tout côté; mais la houpe se dessèche, le brin cesse deprospérer , et souvent cette carie sèche descend et le fait périr.
Cette maladie n’attaque guère que les baliveaux choisis dansles circonstances que je viens de décrire , qui néanmoins sontles seules où la réserve des baliveaux puisse être de quelqueutilité ; car à quoi bon en réserver sur un terrain cpii ne pourraitpas produire de la futaie ? Quelles que soient les causes de cephénomène , quel qu’en soit le remède , que j’entrevois , maisdont je ne parlerai qu’après eu avoir fait l’essai , le fait existe,et ce fait n’est rien moius que favorable au système desbaliveaux.
Pour le fortifier et le défendre, ce système, M. de B.
est forcé de recourir idéalement à des données que la naturelui refuse; et parce qu’il lui fallait absolument des baliveauxqui eussent au moins vingt-cinq pieds de tige, il a supposéque la coupe de tous les taillis du royaume pouvait être régléeentre vingt et trente ans, et, par moyenne proportionnelle ,à vingt-cinq ; supposition gratuite et impossible , ainsi que jevais le prouver.
i n . Il serait contraire aux intérêts du propriétaire et de lanation , de porter à vingt-cinq ans la coupe des taillis quiauront atteint le maximum simple avant cette époque , etcertainement c’est le plus grand nombre. Rayons donc de la
donnée de treize millions d’arpens cjue présente M. de B.
tous ceux qui sans injustice ou sans perte ne peuvent atteindrel’âge de vingt-cinq ans , et concluons que l’application qu’illait ici de la règle des moyennes proportionnelles, porte à