94 PLANTATION DES COMMUNES
» cas de le faire , n’est-elle pas aussi préjudiciable» qu’impolitique ?
» Tout le monde a le droit de planter sur les en-» droits publics , vis-à-vis de son terrain , et les com-» munes l’ont vraisemblablement de même dans le» milieu des places ; mais les habitans dont les ter-» rains bordent les rues , auront-ils tous la facultéj> de planter ? le feront-ils ? et les communes des vil-» lages feront-elles ces dépenses pour n’en pas jouir?
» Je suppose que la plupart des propriétaires aient» le peu d’aisance nécessaire pour planter vis-à-vis» de leurs propriétés -, mais ils ne le feront peut-être» pas, i°. parce qu’ils n’habitent pas tous leurs pro-» prié tés -, 2°. parce qu’étant éloignés de leurs biens,» ils se soucient peu que les rues contiguës soient» plantées ; 3°. parce qu’ils craindront qu’on ne» coupe ou qu’on ne mutile leurs plantations , ou ,i> s’ils plantent, plusieurs ne remplaceront pas les
arbres coupés.
» Ces délits arrivaient quelquefois aux ci-devant:» seigneurs par des passans ou des libertins -, mais» ils ne se lassaient pas de remplacer ces désor-y> dres ; et à moins qu’ils ne se fussent attiré ces» mauvais traitemens par leur dureté ou leurs injus-» tices, ces délits cessaient, et les plantations se sou-5> tenaient. Les habitans des campagnes s’en trou-» vaient bien , leurs places devenaient agréables , ils» y avaient de l’ombrage -, et si des indigens avaient» besoin de branchages pour se clore , ils étaient» sûrs d’en trouver sur ces arbres , en les demandant» au seigneur.
» Les communautés des villages planteront encore» bien moins que les propriétaires -, le laboureur ney> mettra pas un sou dans une plantation dont ni lui» ni ses descendans ne jouiront pas.
» Il résulte donc de ce décret qu’on plantera beau-» coup moins qu’on ne faisait ci-devant ; que les rues» et places seront bientôt absolument nues; que le