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1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
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94 PLANTATION DES COMMUNES

» cas de le faire , n’est-elle pas aussi préjudiciable» qu’impolitique ?

» Tout le monde a le droit de planter sur les en-» droits publics , vis-à-vis de son terrain , et les com-» munes l’ont vraisemblablement de même dans le» milieu des places ; mais les habitans dont les ter-» rains bordent les rues , auront-ils tous la facultéj> de planter ? le feront-ils ? et les communes des vil-» lages feront-elles ces dépenses pour n’en pas jouir?

» Je suppose que la plupart des propriétaires aient» le peu d’aisance nécessaire pour planter vis-à-vis» de leurs propriétés -, mais ils ne le feront peut-être» pas, i°. parce qu’ils n’habitent pas tous leurs pro-» prié tés -, 2°. parce qu’étant éloignés de leurs biens,» ils se soucient peu que les rues contiguës soient» plantées ; 3°. parce qu’ils craindront qu’on ne» coupe ou qu’on ne mutile leurs plantations , ou ,i> s’ils plantent, plusieurs ne remplaceront pas les

arbres coupés.

» Ces délits arrivaient quelquefois aux ci-devant:» seigneurs par des passans ou des libertins -, mais» ils ne se lassaient pas de remplacer ces désor-y> dres ; et à moins qu’ils ne se fussent attiré ces» mauvais traitemens par leur dureté ou leurs injus-» tices, ces délits cessaient, et les plantations se sou-5> tenaient. Les habitans des campagnes s’en trou-» vaient bien , leurs places devenaient agréables , ils» y avaient de l’ombrage -, et si des indigens avaient» besoin de branchages pour se clore , ils étaient» sûrs d’en trouver sur ces arbres , en les demandant» au seigneur.

» Les communautés des villages planteront encore» bien moins que les propriétaires -, le laboureur ney> mettra pas un sou dans une plantation dont ni lui» ni ses descendans ne jouiront pas.

» Il résulte donc de ce décret qu’on plantera beau-» coup moins qu’on ne faisait ci-devant ; que les rues» et places seront bientôt absolument nues; que le