F.T DES GRANDES ROUTES. IOI
plantée extérieurement , puisqu’elle traverse lineplaine parfaitement unie -, néanmoins on a placé lesormes sur les bermes , vraisemblablement par lesordres du roi Stanislas , et l’on ne voit nulle part dechemin plus roulant et de plantation plus belle.
En effet, comment l’ombre des arbres serait-ellenuisible aux chemins , de la manière dont ils sontconstruits? i°. Cette ombre ne peut avoir d’effet sen-sible que pendant six à sept mois, et pendant la saisonla plus sèche et la plus chaude de l’année; en secondlieu , si la chaussée est pavée , l’eau n’y séjournepas ; ou si elle est ferrée , sur-tout si les matériauxqui y sont employés sont de nature vitrifiable ou seu-lement très-durs , l’eau s’écoule à peu près avec lamême rapidité. C’est l’humidité entretenue par lesneiges , les dégels et les profondes ornières qu’on ré-pare rarement pendant l’hiver , qui dégrade les che-mins ; mais pendant cette saison les arbres ne don-nent point d’ombre , ou plutôt la nature entière estdans l’ombre. Le soleil, couvert de nuages ou cachépar les brouillards , ne lance obliquement quelquesfaibles rayons que pendant les fortes gelées.
Afin d'avoir une première base pour démontrerl’avantage de planter sur le bord intérieur des fossés,j’ai fait le dépouillement de toutes les routes de postedu royaume , et j’ai trouvé qu’il y avait dans le ter-ritoire français trois mille deux cents vingt-quatrepostes et demie.
Cependant, avec quelque attention que j’aie faitce dépouillement, il a pu m’échapper quelques er-reurs. Pour les compenser , et attendu qu’il convientd’avoir égard à quelques parties de route qui ne se-raient pas susceptibles de plantations, telles que lepassage des villes et la traversée des montagnes, nousréduirons le nombre des postes à trois mille , et nousne les évaluerons chacune que sur le pied de quatremille toises de longueur.
Nous ferons également abstraction des grands