Buch 
1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
Entstehung
Seite
115
JPEG-Download
 

SANS CONDITIONS CONSERVATRICES. 1 iS

abandonnant les racines et les vieilles souches auxouvriers. Néanmoins je porterai cettedépense à 70 1 .,et pour cent arpens à 7000 liv. Cette dernière somme ,réunie aux 8000 liv. de première avance , forme untotal de 16080 liv., et c’est en cela seul que consistenttoutes les avances du défricheur pour se faire un re-venu de cent pistoles.

Mais les terrains défrichés donnent, on le sait,pendant les premières années , et sans engrais addi-tionnels , des productions incomparablement plusabondantes qu’elles ne le sont par la suite , et voilà cequi séduit la plupart des défricheurs. S’il était pos-sible que ces terres conservassent leur première fer-tilité , ce n’est plus à raison de ioliv. qu’elles seraientaffermées, mais à raison de 3 o liv. au moins ; carsouvent il arrive , et je l'ai éprouvé , que les trois ouquatre premières récoltes dédommagent des frais dedéfrichement (1).

(i) Je puis attester le fait suivant , qui d’ailleurs est notoire en Bresse *Ayant fait , en 1769 , l’acquisition d’un petit fief du nom de Félicia ypour le réunir à une terre dont mon père m’avait abandonné la disposition,l’acquisition fut de 10,000 1 . ; il n’était alors afïermé que 3 oo 1 *, y comprisles bois qui en dépendaient , et que l’on coupait, suivant l’usage du pays,tous les neuf ans.

J’en fis défricher environ vingt arpens , dont , à la vérité , une grandepartie était réductible en près , qui sont infiniment précieux en Bresse .Mon père ayant vendu sa terre huit ans après , Félicia entra pour 3 o,ooo 1 .dans la vente , mais les trois premières récoltes m’avaient dédommagéentièrement des frais de défrichement , malgré un accident que j’essuyaidès la première année ? et dont je vais parler , si l’on veut me permettrecette digression.

J’avais fait semer quatre arpens environ de cinq espèces de froment ,très-différentes de celles qu’on cultive dans ma province , et dont les se-mences , que j’avais multipliées et conservées pures , m’avaient été en-voyées , trois ans auparavant , d’Alicate en Sicile . Je crus faire desmerveilles d’en couvrir mes quatre arpens , qui venaient d’être défrichéssur le bas d’un coteau. J’eus le chagrin de voir presque tout périr de lagelée , et ce fut le seul blé du canton que la gelée eût endommagé. Cetaccident me dégoûta totalement des blés du midi. Peut-être eus-je tort ,peut-être avais-je choisi un terrain encore trop humide. Quoi qu’il eusoit , ces blés m’avaient paru , l’année précédente ? de la plus grandebeauté ; tous avaient des tiges de près de six pieds , la paille en étaitgrosse et forte ; les épis bien garnis et tous barbus ? les grains trfcs-g*os.