PREMIER MÉMOIRE.
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Peuplier d'Italie ( Populus migra h ali ca,
foliis acuminatis , denlatis , ramis erectis. )
Il n’y a pas encore quarante ans qu’on connaît lepeuplier d’Italie en France , et il n’y eu a pas vingtqu’on le cultive en Bresse . Ce fut , dit-on , M. deReigetnortes qui l’apporta de Lombardie , et qui enfit planter le long du canal de Montargis . Cet arbre,dès qu’il parut, fut accueilli avec une sorte d’enthou-siasme -, avant de le bien connaître , on en fit leséloges les plus pompeux. Son bois , disait-on , étaitdur , propre à faire des charpentes de toutes espèces,et jusqu’à des mâts de vaisseaux. Son produit devaitêtre si avantageux , qu’un particulier , avec quatrecents boutures, était assuré de trouver i ,5 à 16000 liv.au bout de quinze ans, dans un fonds qui ne valaitpas auparavant 200 liv. de principal. ( Préface duMémoire sur l’art de cultiver le peuplier d'Italie ,Paris , 1767 , pag. 4. )
Comme cet arbre reprend aisément, qu’il donnebeaucoup de branches, et qu’en peu d’années il futfacile de se procurer une grande quantité de bou-tures, on en planta avec profusion. L’extrême en-gouement a produit l’extrême dégoût, comme il ar-rive presque toujours.. On avait d’abord exagéré sesbonnes qualités , on lui en avait attribué d’imagi-naires 3 bientôt on les lui a toutes refusées. C’est ainsique
Dans la droite raison jamais n’eiitre la nôtre ,
Et toujours d’un excès nous nous jettons dans l’autre.
( Acte V, scène 1 du Tartufe. )
Les détracteurs du peuplier d’Italie ont été jusqu'àlui reprocher la facilité avec laquelle il se multiplie,sa trop prompte croissance , sa longue uniformité ,qui le rend triste, disent-il^. On veut sans doute que