124 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS,les plaisirs coûtent pour être sentis. Serait-ce parceque cet arbre n’a pas besoin du croissant pour formeren peu d’années le plus bel ombrage , qu’on lui pré-fère quelquefois ces murailles de charmilles , si mo-notones , si lentes à croître , si hérissées de broussins,de chicots , et qu’on est dans l’obligation de tondredeux fois dans l’année pour leur apprêter une régula-rité qu’elles ne tiennent pas de la nature?
Quelques cultivateurs , qui mal-à-propos en ontplanté dans des terres arides , ou , ce qui était pis,dans des terres argileuses , se sont plaint de ce qu’onles avait trompés en leur annonçant un prodige decroissance.
M. Fougeroux de Bondaroi , dans un mémoirepublié par la société royale d’agriculture, nous an-nonce que « cet arbre ne vient jamais très-gros , et» que , lorsqu’au bout de vingt à vingt-cinq ans on» est dans le cas d’en tirer un profit en l’exploitant,» on ne sait à quel emploi on doit le destiner conve-» nablement. On en a mis en terre , nous dit-il,» comme devant servir de poteau ou barrière , et six» mois après, en forçant un peu le pouce sur un de» ces poteaux, on parvenait aisément à y former» une ouverture , comme avec une tarière ou comme» dans une éponge. J’en ai fait faire des sabots,» ajoute-t-il , qui dans l’eau devenaient très-lourds,» et conservaient l’humidité. Lorsqu’il a été débitéy> en planches , les fibres du bois se levaient et se» prêtaient difficilement à la varlope } enfin, il a» essayé de les laisser séjourner dans l’eau avant de» les travailler , mais fort inutilement, certaines par-y> ties du bois où l’eau avait séjourné , ayant pris» une couleur verte qui annonçait une moisissure ,» ou un dépérissement au moins commencé ».
D’autre part, M. Mustel, dans son Traité théo-rique et pratique de la Végélation , t. III, p.,420 ,s’exprime dans les termes suivans : « Beaucoup de» gens qui n’ont jamais fait ni vu faire usage de son