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1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
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PREMIER MÉMOIRE. 1 125

» bois , décident qu’il n’est bon à rien , et ceux qui» en connaissent l’usage , savent et attestent qu’on» en fait d’assez bonnes pièces de charpente pour de» petits bâtimens ; qu’on en fait des sabots; que les» sculpteurs qui le connaissent l’emploient de préfé-» rence au tilleul ; mais sur-tout qu’on en fait de» belles et bonnes planches qui s’emploient dans les» différens ouvrages de menuiserie. Ce bois sans» nœuds, doux et facile à travailler, se prête aisé-» ment à l’action des outils qui forment les moulures.» J’en ai vu, ajoute M. Mustel , des lambris plus» beaux et meilleurs que ceux de sapin. Il dure fort» long-tems , étant à couvert, et même étant exposé» aux injures de l’air , lorsque , en le peignant, on» l’a bien imprégné d’huile. On l’emploie en pilotis ,» parce qu’il se conserve très-long-tems dans l’eau,» pourvu qu’il en soit toujours couvert ».

Quel agriculteur ne serait pas embarrassé en lisantdes assertions aussi contradictoires? Comment se dé-cidera-t-il , à moins que l’expérience et des observa-tions suivies avec exactitude ne viennent à son se-cours ? Je désire qu’il puisse s’aider de celles que j’aiété à portée de faire , et dont je vais rendre compte.

Le peuplier d’Italie est le plus léger de tous les boisque j’aie observés jusqu’ici, et le cormier en est leplus lourd ; ces arbres me paraissent former les deuxextrêmes de la pesanteur spécifique de nos bois d’Eu-rope. Le pied cube du cormier, parfaitement sec ,pèse soixante-douze livres trois onces , et celui dupeuplier d’Italie vingt-quatre livres huit onces seu-lement : mais la pesanteur de l’un et la légèreté del’autre me paraissent également un bienfait de la na-ture , suivant l’usage auquel on les destine.

Le parallélipipède d’après lequel j’ai calculé la pe-santeur spécifique du peuplier d’Italie, provenaitd’un arbre coupé en Avril 1787 ; il porte un pied dehauteur sur 6 pouces d’équarrissage. Il pesait, le 22Avril, quinze livres quatorze onces un gros, ce qui