PREMIER MÉMOIRE. 1 125
» bois , décident qu’il n’est bon à rien , et ceux qui» en connaissent l’usage , savent et attestent qu’on» en fait d’assez bonnes pièces de charpente pour de» petits bâtimens ; qu’on en fait des sabots; que les» sculpteurs qui le connaissent l’emploient de préfé-» rence au tilleul ; mais sur-tout qu’on en fait de» belles et bonnes planches qui s’emploient dans les» différens ouvrages de menuiserie. Ce bois sans» nœuds, doux et facile à travailler, se prête aisé-» ment à l’action des outils qui forment les moulures.» J’en ai vu, ajoute M. Mustel , des lambris plus» beaux et meilleurs que ceux de sapin. Il dure fort» long-tems , étant à couvert, et même étant exposé» aux injures de l’air , lorsque , en le peignant, on» l’a bien imprégné d’huile. On l’emploie en pilotis ,» parce qu’il se conserve très-long-tems dans l’eau,» pourvu qu’il en soit toujours couvert ».
Quel agriculteur ne serait pas embarrassé en lisantdes assertions aussi contradictoires? Comment se dé-cidera-t-il , à moins que l’expérience et des observa-tions suivies avec exactitude ne viennent à son se-cours ? Je désire qu’il puisse s’aider de celles que j’aiété à portée de faire , et dont je vais rendre compte.
Le peuplier d’Italie est le plus léger de tous les boisque j’aie observés jusqu’ici, et le cormier en est leplus lourd ; ces arbres me paraissent former les deuxextrêmes de la pesanteur spécifique de nos bois d’Eu-rope. Le pied cube du cormier, parfaitement sec ,pèse soixante-douze livres trois onces , et celui dupeuplier d’Italie vingt-quatre livres huit onces seu-lement : mais la pesanteur de l’un et la légèreté del’autre me paraissent également un bienfait de la na-ture , suivant l’usage auquel on les destine.
Le parallélipipède d’après lequel j’ai calculé la pe-santeur spécifique du peuplier d’Italie, provenaitd’un arbre coupé en Avril 1787 ; il porte un pied dehauteur sur 6 pouces d’équarrissage. Il pesait, le 22Avril, quinze livres quatorze onces un gros, ce qui