126 qualités comparées des bois.revient à soixante-trois livres huit onces quatre grospar pied cube. Il me paraît aujourd’hui peser inva-riablement six livres deux onces, ou vingt-quatrelivres huit onces par pied cube. On voit par là com-bien il est économique de laisser sécher le peuplierd’Italie avant de le transporter au loin ; il est égale-ment important de l’équarrir , afin de hâter l’évapo-ration de la sève.
Si la sève séjournait trop long-tems , elle pourraitfermenter et altérer la qualité du bois. Ayant coupé,au mois de Février 1786 , un peuplier d’Italie, j’enfis déposer un tronçon d’environ 10 pieds dans ungrenier ; il fut mis debout. Le 8 Octobre suivant,l’écorce en était aussi verte que si l’arbre eût été coupéle jour même , et il avait poussé le long de la tige unedouzaine de branches de 7 , 8 et 10 pouces de lon-gueur. J’en fis sur-le-champ équarrir un échantillonqui pesait à raison de cinquante-trois livres quatorzeonces par pied cube. 11 n’avait encore perdu par con-séquent qu’environ un quart de son eau , et j’ai crureconnaître qu’il était échauffé.
C’est avec grande raison que M. Mustel a annoncéqu’on pouvait faire de la sculpture avec le peuplierd’Italie , et j’en présente la preuve. 11 est égalementavéré que son bois se prête aisément à l’action desoutils qui forment les moulures. J’ai craint qu’il nefut pas également propre à l’assemblage, et qu’il nefendît sous le ciseau qui forme les mortaises ; maisles échantillons de menuiserie et d’ébénisterie quej’apporte, ne laissent à cet égard aucun doute. Lesieur Colasson, sculpteur et doreur, et le sieur Ca-nale , ébéniste , m’ont observé seulement qu’il fallaitque les outils fussent bien affilés , que le tranchanten fût beaucoup plus fin que pour les bois durs, etqu’on était dispensé de les repasser aussi' souventsur la pierre. Le sieur Colasson m’a ajouté que lesfibres longitudinales étaient quelquefois sujettes à semâcher sous le ciseau , lorsqu’on voulait les couper