PREMIER MÉMOIRE. I27
perpendiculairement à leur axe , et que le bois seraittrop mou pour que la dorure réussît parfaitementsous le brunissoir, si l’on ne prenait la précaution dele charger d’apprêt. C’est donc, suivant toute appa-rence , pour s’être servi d un rabot dont le fer étaitmal disposé, qu’on a dit que les fibres du peuplierd’Italie se prêtaient difficilement à la varlope : j’aivu plus d’une fois enlever sous cet outil des copeauxextrêmement minces et de toute la longueur de laplanche -, et puisqu’on en fait aussi des ouvrages detour qui ne présentent aucune inégalité dans leur sur-face , je puis attester, avec M. Mustel, que ce boisest l’un des plus doux et des plus faciles à travaillerqui s’emploient.
Suivant le sieur Canale , il prend parfaitementbien la colle, suite naturelle de son peu de densité,et de l’égalité de sa fibre ; et c’est pour cette raisonqu’il le préférerait pour le bâtis de ses ouvrages, s’iln’était pas encore un peu rare en Bresse .
Il est encore recherché et préféré à tous les autresbois pour en fabriquer les tables des soufflets de forge,parce qu’il n’est sujet ni à se fendre, ni à se tour-menter , ni à faire retraite ; qualités bien rares dansla plupartdenos bois,que le peuplier d’Italie possèdeéminemment, et qui, jointes à son extrême légèretéet à sa prompte dessiccation , doivent le faire em-ployer de préférence au sapin pour les lambris et lesmenuiseries légères.
J’ignore encore s’il est sujet à la vermoulure. De-puis six mois j’en ai entremêlé avec du hêtre , connupour se vermouler aisément} jusqu’à présent tousdeuxsont intacts.
Il brûle bien , jette assez de flammes, mais il brûletrès-vite. J ’en comparerai la durée avec les autres boisde chauffage, lorsque ceux qui doivent me servir decomparaison auront atteint le degré de dessèchementconvenable.
Les sabots de peuplier d’Italie sont, comme on le