128 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS.
voit, d’une extrême légèreté.Mon jardinier, qui s’enest servi cet hiver , m’a rapporté qu’ils séchaientpromptement auprès du feu sans se fendre , mais qu’ilss’usaient plus vite que ceux de noyer et de bonleau.
Pour comparer ces bois entre eux , et m’assurerde leur disposition à pomper l’eau, à s’alourdir et àconserver l’humidité , j’ai faii l’expérience suivante:
Le 21 Septembre 1787, j’ai choisi trois paires desabots, l’une de noyer, l’autre de bouleau, et la troi-sième de peuplier d’Italie.
Celle de noyer pesait. 2 liv. 5 onc. o gros.
Celle de bouleau. 196
Celle de peuplier d’Italie. . o 10 2
Je les ai placées dans un baquet , la pointe en bas ;après les y avoir assujetties , j’ai versé de l’eau dansle baquet jusqu’à fleur de l’ouverture des sabots.
L’eau s’est enfiltrée à travers le bois dans l’inté-rieur des sabots, de manière qu’en moins de vingt-quatre heures elle s’est trouvée de niveau avec l’eaudu baquet, nulle différence entre eux à cet égard ; jeles en ai tirés ; et après les avoir essuyés, j’ai trouvéque les sabots de noyer avaient gagné en pesanteur ,par l’effet de l’immersion , sept onces un gros , ceuxde bouleau 9 onces quatre gros, et ceux de peuplierd’Italie cinq onces cinq gros.
Six jours après , les sabots de peuplier n’avaientplus que deux gros à perdre pour parvenir à leur pre-mier état de dessèchement, tandis que ceux de noyeravaient encore à perdre une once un gros , et ceuxde bouleau sept gros. Cette expérience ne m’a pasparu mériter la peine d’être plus long-tcms suivie.
Je n’ai point encore essayé de faire de l’ouvragede fente avec le peuplier d’Italie, mais j’ai inutile-ment tenté d’en faire des cercles. Son jeune bois esttrop cassant; et comme il n’est pas fort ordinaire dese servir de bois blanc pour faire des poteaux , pasmême d’y employer du chêne couvert de son aubier,