PREMIER MÉMOIRE. 129
je crois inutile d’avertir que le peuplier d’Italie nevaut rien pour cet usage.
Les peupliers d’Italie grossiront quand on voudrabien les planter à des distances telles qu’ils 11e s’affa-ment pas réciproquement. Plusieurs personnes m’ontassuré qu’il s’en trouvait de très-gros en Lombardie ;et lorsqu’un arbre acquiert, en treize ans , i 5 pouc.de diamètre moyen, le reproche qu’on lui a fait de negrossir point me paraît mal fondé.
Tout le monde connaît la belle expérience que lecomte de Buffon nous a transmise sur l’effet de l’écor-cement du chêne. Cette opération , comme on sait,lui fait acquérir plus de densité , de dureté et deforce , au point que non-seulement l’aubier du chêneécorcé devient plus pesant que l’aubier du chêneabattu avec son écorce , mais beaucoup plus fort quele meilleur bois } et que la force moyenne du cœurdu chêne écorcé , prise sur quatre arbres , est à laforce moyenne du cœur de quatre autres chênes abat-tus avec leur écorce , comme 34274 à 2962S , c’est-à-dire que cette opération en augmente la force deplus d’un sixième. La densité ne suit pas la mêmeproportion ; elle s’est trouvée seulement comme 1012à 947 > ou augmentée d’environ un quatorzième parl’effet de l’écorcement. Le comte de Buffon expliqueles causes physiques de ce phénomène dans son mé-moire , qu’il termine en invitant de faire les mêmesépreuves sur d’autres bois que le chêne.
Depuis long-tems je désirais de les répéter sur lepeuplier d’Italie 3 j’ai donc prié MM. les syndics-généraux de me permettre l’écorcement de quelquespeupliers plantés sur la route de Bourg à Coligny .Au mois de Mars 1785, j’en fis écorcerdeux, l’unsur une longueur de 12 pieds, l’autre sur une longueurde 24. Tous deux se chargèrent de feuilles, maisl’arbre écorcé sur 24 pieds jaunit au commencementde l’automne, et perdit ses feuilles d’assez bonnebeurej l’autre ne parut pas avoir souffert,
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