PREMIER MÉMOIRE. l 3 l
qu’augmenté la pesanteur spécifique. La premièrepesée du n°. 3 m’avait donné une toute autre espé-rance ; mais cet excès de. pesanteur ne provenait,comme on voit, que d’une quantité de sève surabon-dante. Peut-être me suis-je trop pressé de l’abattre;le vol commis l’année précédente m’avait fait craindred’éprouver une seconde fois le même sort.
Il ne me restait plus qu’à connaître la force dupeuplier d’Italie , en la comparant avec celle desautres bois.
A la hauteur de 6 pieds 6 pouces , j’ai fait creuserhorizontalement, dans une pierre de taille faisantpartie d’un mur élevé et fort épais , un trou carré de8 pouces de profondeur , et de 2 pouces francs àchaque face. J’ai armé la partie inférieure de cecarré par un morceau de fer à fleur de la muraille,et il y a été scellé d’une manière inébranlable.
J’ai fait construire un anneau carré avec du fer ,de 12 lignes de largeur sur 4 d’épaisseur. L’extrémitédes solives , qui toutes ont 2 pouces d’équarrissage,entre juste dans cet anneau. Sur la partie supérieurede l’anneau, on a ajusté une vis qui empêche qu’ilne s’échappe de la solive pendant l'expérience. Lapartie inférieure de l’anneau est armée d’un fort cro-chet , et à ce crochet on suspend par quatre cordeauxun plat de balance fait avec un madrier de 1 5 lignesd’épaisseur et de 18 pouces en carré. Tout cet appa-reil pèse quinze livres et demie.
A la distance de 5 pieds justes de la muraille , ontenait verticalement une tringle de bois graduée , afind’y observer l’angle parcouru par la solive avant safracture , et de juger par là de son élasticité.
Quelques raisons m’ont fait préférer cet appareil àcelui dont s’est servi le comte de Buffon , et qui con-sistait à placer les solives de sorte que l’effort du poidsportât sur le milieu de la solive. ^ jst de cette ma-nière qu’il est parvenu à briser des :-utres de 18 pieds