14 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS,plus ou moins distinctement dans tous nos bois indi-gènes. Ces rayons sont fortement prononcés dans lechêne, et sur-tout dans le quercus-cerris , où j’en aiobservé dont l’épaisseur excédait un tiers de ligne.Ils sont plus rapprochés , plus fins, et cependant très-marqués , sur le pêcher , le prunier , le cytise desAlpes, le charme, le merisier, le mûrier, sur-toutle pseudo-acacia ; il faut avoir l’œil exercé pour lesdistinguer à la loupe sur quelques autres arbres , telsque l’olivier , le duret, l’if, le sapin , et sur-tout surle buis.
Mais dans les arbres crus entre les tropiques et surles terrains perpétuellement arrosés de la Guianne,non-seulement on a beaucoup de peine à distinguerces fibres transversales , mais souvent les couches an-nuelles sont elles-mêmes confondues de manière à nepouvoir assurer l’âge de l’arbre par le nombre équi-voque de ses couches.
Les fibres transversales, sur lesquelles nous pour-rons revenir un jour , parce qu’il me semble qu’onne les a pas examinées avec assez d’attention, jouentcertainement un très-grand rôle dans la physiologievégétale. Elles consolident les couches annuelles, ens’opposant à leur désunion lors du dessèchement ; ellesproduisent sur le bois le même effet que les liaisonsdans un mur bien construit ; mais elles ne reçoiventpas des fibres longitudinales le même secours qu’ellesleur prêtent 3 elles les traversent, mais n’en sont pastraversées ni consolidées 3 et c’est presque toujoursen suivant la direction d’un faisceau de ces fibrestransversales , que les arbres se fendent en se dessé-chant.
Les fendeurs savent profiter de cette dispositionnaturelle pour refendre les lattes et le merrain. Eneffe t, comme l’entrelas des fibres longitudinales estinterrompu et déjà coupé par les fibres transversales,ils ont à vaincre une adhérence moins forte, et leurs©utils opèrent moins de déchirement.