SECOND MEMOIRE.’ l5
Les ouvriers en bois appellent ces fibres la maille ,expression que je crois fausse ; car la maille n’estproprement que l’intervalle qui se rencontre entreplusieurs faisceaux de fibres longitudinales qui s’en-trelacent, s’unissent et se séparent alternativement ;intervalle qui , pendant la vie de l’arbre, est rempli
f >ar le tissu cellulaire.Quelques physiciens leur donnente nom de prolongation médullaires et Duhamel,après être convenu que ce sont des fibres qui parais-sent bien plus fines que les longitudinales ( Traitéde l'exploitation des bois , page 485) , dit plus bas( page 662 ) que ces rayons , que Grew a nomméinsertions, sont des prolongemens de tissu cellu-laire ou vésiculaire.
Ces rayons ne sont point évidemment une prolon-gation médullaire , car leur tissu est aussi dur et aussiserré que celui de la moelle est lâche. D’ailleurs, àmesure que l’arbre grossit, ces rayons deviennentdivergens , et il s’interpose de nouveaux rayons quine parviennent pas jusqu’à la moelle ) donc ils n’ensont point une prolongation.
Il implique contradiction de les appeller , commeDuhamel, tantôt des fibres, tantôt des prolongemensdu tissu cellulaire.
Grew , en les nommant des insertions , en donneune idée plus juste, mais qui, à mon avis, n’est pascomplète.
Le mot insertion représente l’action d’un corpsqui pénétrerait ou qui aurait pénétré du dehors endedans , tel qu’un coin qu’on insérerait dans unefente. Ce n’est point ainsi que ces lamelles se sontformées , et je crois que le mot d 'éruption leur con-viendrait davantage.
Dès que l’une de ces éruptions a pris naissance,elle se prolonge et se perpétue vers la circonférence,et volontiers en droite ligne , jusqu’à ce qu’un acci-dent , une plaie , par exemple, vienne l’interrompre.Mais l’arbre prenant de l’accroissement et les rayons