SECOND MEMOIRE. 31
pendant plusieurs années , la dépense de façonner leterrain.
» Lors donc qu’on trouvera dans les pépinièresassez de bois de sainte-lucie pour en faire de grandesplantations, ce qui arrivera lorsque les pépiniéristescroiront en avoir le débit, j’invite les planteurs pres-sés de jouir de continuer de planter la quantité dechênes nécessaire pour garnir le terrain par la suite,et de mettre entre ces chênes une quantité égale dejeunes plants de sainte-lucie. Il n’en coûtera de plusque l’achat du sainte-lucie, la façon à donner à cebois demeurant la même.
« Si ces planteurs veulent de l’agrément dès la qua-trième année , ils auront un fort joli taillis d’un boistrès-odorant pendant un mois , et à l’ombre duquelle chêne ne viendra que mieux.
» Si les planteurs travaillent principalement pourl’utilité , la première année qu’on récépera le chêne,qui, en cet état d 'enfance , n’a aucune valeur, onrécépera pareillement le sainte-lucie ; il sera dès-lorsassez fort pour du fagot ou pour de la bourrée , quipaieront et au-delà le prix de l’achat des arbres. Mais ,pour compléter l’expérience que j’ai commencée , ilfaut attendre encore quelques années ; alors on verrasi réellement le sainte-lucie aura disparu pour faireplace au chêne , comme j’ai lieu de le présumerd’après l’observation faite sur les bois plantés desmains de la nature ».
M. de Malesherbes donne ensuite les procédés pourse procurer de la graine en abondance et la semeravec succès : ^
« On recueille , dit-il, les fruits du mahaleb dansla même saison que les cerises ; on les fait sécher àl’ombre , après quoi j’ai employé deux dilférens pro-cédés entre lesquels on pourra choisir.
L’un est de stratifier les noyaux avec de la terre ,comme les pépiniéristes de Vitry font pour les graines4’épines, de charmes et autres qui ne lèvent que la