34 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS.
encore , plein , sans pores appareils, qui reçoit le poli
le plus vif et d’un beau rouge orangé.
Sa couleur est d’autant plus foncée que l’arbre estplus âgé. Il m’a été envoyé un morceau de la lige d’unif cru sur l’une des montagnes des environs de Saint-Claude , et d’environ 3 pouces de diamètre; le cœurn’en était que rougeâtre.
Ayant fait abattre , il y a plusieurs années et avantque j’eusse commencé mon travail sur les bois , un ifcouronné qui périssait de vieillesse, et qui avait (Héautrefois planté et abandonné à lui-même dans lacour d’un de mes domaines en Bresse , son bois setrouva d’un rouge très-foncé; mais le cœur était al-téré, et je ne pus compter les couches annuelles decet arbre, qui portait 16 à 17 pouces de diamètre.
Dans ces derniers tems M. d’Apchou a eu la bontéde m’envoyer la tige entière d’un bel if qui avait crudans ses jardins de Corgenon ; l’arbre était en pleinevigueur. La tranche que j’ai fait scier au bas de celtetige , porte i 3 pouces de diamètre moyen , et l’on ycompte quatre-vingt-onze couches annuelles d’uneépaisseur très-inégale. Sa couleur rouge plus pronon-cée que dans l’if de Franche-Comté , n’est pas aussifoncée que l’était celle de l’arbre de Feuille .
Lorsque ce bois est nouvellement employé en mar-queterie , sa couleur tire plus sur l’orangé que sur lerouge ; l’air et la lumière , en le x’embrunissant, l’em-bellissent.
Le hasard m’a fait découvrir qu’on pouvait aisémentlui donner la couleur d’un pourpre violet assez vif quile rapproche encore plus de la beauté du bois desIndes : l’artifice consiste à en faire immerger destablettes très-minces que les ébénistes appellent desfeuilles , dans l’eau d’un bassin pendant quelquesmois. Cette opération infiniment simple développe sapartie colorante , au point de produire le changementavantageux que j’annonce. La couleur pénètre lebois assez profondément pour que l’outil ne l’enlève