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1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
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SECOND MÉMOIRE. 35

pas au travail qui suit le placage. L’opération réussitmieux et plus promptement, si le bois immergé atoute sa sève.

I/if est devenu rare en France . La couleur sombrede son fanage l’a fait proscrire des jardins , et les qua-lités vénéneuses qu’on attribue à sa feuille , l’ont faitdétruire dans les taillis (i). Il y en avait un bois à peude distance de Saint-Claude , on en trouvait près de laGrande-Chartreuse dans le Dauphiné ; mais les tour-neurs de cette ville et ceux du monastère en ont con-sidérablement diminué le nombre. On m’a assuréqu’il en existait encore une forêt très-belle dans leBas-Valais.

L’arbre de Corgenon avait été taillé dans sa jeu-nesse pour lui donner une de ces formes bizarres quiétaient de mode autrefois , et auxquelles on sait quel’if se prête aisément. Je jugeai que sa tige serait tropchargée de petits nœuds pour servir aux expériencessur sa force et son élasticité, et que c’était d’une forêtd’ifs qu’il fallait tirer des solives pour les faire casser;en conséquence il a été débité entièrement pour dela marqueterie ; mais certainement ce bois doit êtreélastique et très-fort lorsqu’il a pris sa croissance ,sans être mutilé par le ciseau du jardinier, « puisque» les arcs les plus estimés des anciens étaient de bois» d’if ». ( Dict. d’Hist. nat de Bomare , au mot If. )

A en juger par le parallélipipède de six poucesd’équarrissage, il faut à l’if plus de tems qu’à tousles autres bois pour parvenir à l’état de dessiccationabsolue ; il ne s’est formé aucune fente, et la retraite

(i) « On dît que les feuilles et les fleurs de l’if sont un poison , et que» ses fruits causent la dyssenterie à ceux qui en mangent. J’ai cependant» vu des enfans en manger quantité sans en être incommodes », ( Duhamel,'Traite des Arbres , au mot Taxus, ) Voyez encore dans l’Encyclopédie ,première édition , au mot If, l’histoire d’un pauvre animal de bât , qui,ayant été attaché près d’un if, mourut pour en avoir mangé. M. dé Jala-mondes , ancien capitaine commandant des carabiniers , m’a assuré que ,pendant les dernières guerres d’Allemagne et dans un fourrage , plusieurschevaux des carabiniers ayant été attachés à des ifs et en ayant Uî«H>gé fils en furent très-malades, et que quelques-uns eti moururent.