36 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS,
n’a été que d’une ligne faible sur chaque face. Ainsison volume n’a diminué tout au plus que d’un qua-rante-huitième plus un cent vingt-huitième. C’est laplus faible des retraites que j’ai observées.
I/if pesait, vert, 80 livres 9 onces ; il pèse , sec,61 livres 7 onces 2 gros par pied cube.
M. de Malesherbes a bien voulu me communiquersur l’if les observations suivantes :
« J’ai planté des ifs dans quelques-uns de mes bois;ils y croissent dans des terrains secs et calcaires, maisils ne me paraissent pas disposés à devenir jamaisgrands. Dans l’hiver de 1789, quelques-uns de mesjeunes pieds ont péri. Le môme accident 11’est pointarrivé au jardin du Roi.
» En Suisse je n’ai pas trouvé d’ifs sauvages , maison m’a assuré qu’il y en avait, et que son bois, qu’ony regarde comme incorruptible , est estimé. Hallerdit seulement qu’il n’est pas rare dans les forêts peuconnues , in obscuris sjlpis , et sur le bord despréci-pices ; mais qu’il est plus connu par l’usage qu’on enfait dans les jardins, et qu’il y en a quelquefois quiont un pied de diamètre.
» Haller rapporte ce que les auteurs anciens, César,Pline, Dioscoride , ont dit de la qualité vénéneuse desfruits de cet arbre , et même de son ombre. Il paraîtn’y pas ajouter foi, et il n’a jamais ouï dire qu’il ensoit arrivé aucun accident (1).
(1) Malgré l’opinion de Haller , il me semble qu’on ne peut révoqueren doute , au moins , la qualité vénéneuse du feuillage de l’if, d’après lesautorités de Pline , de Césav , de Dioscoride , et les témoignages desmodernes ouc j’ai cités. Suivant toute apparence , cet arbre ne se trouverelégué aujourd’hui dans les forets peu fréquentées et sur le bord des pré-cipices , que parce qu’il empoisonne le bétail.
Dans un traité sur la disette des bois , imprimé dans les me'moires dola société économique de Berne , année 1761 , tome II , page ,l’auteur nous apprend que l’if croit dans quelques montagnes de la Suisse ,et en particulier derrière Bienne , où les paysans l’appellçnt eybenbauin,« Cet arbre , dit-il , ne vient pas grand lorsqu’il se trouve dans des lieuxj> stériles , comme cela est ordinaire ; mais , s’il est placé dans un bon» fonds , et isolé , on voit des pièces dont le tronc peut donner d«a» grosses poutres et ds larges planches cjui sont d’une qualité supérieur»