£4 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS,
couleur, ajoute encore à sa beauté. Ses veines sontlarges, bien prononcées, d’un beau rouge brun ap-prochant de la couleur du tabac d’Espagne ; ellessont entremêlées de veines d’un brun plus clair. Songrain est fin et prend un beau poli. Il faut le débiteren feuilles, pendant qu’il est vert, sans quoi il yaurait beaucoup de perte pour l’ébéniste, car il estsujet à se gercer; par la même raison , on ne doitl’employer, pour le tour , que très-sec.
Cet arbre , fort commun dans les vignes de laBourgogne , y croît assez vite; mais il y vieillit promp-tement , et parvient rarement à plus de huit poucesde diamètre. Il pèse à raison de 52 livres 6 onces6 gros par pied cube.
PYRUS SYLVESTRTS C. P. B.
POIRIER SAUVAGE.
Le poirier qui m’a servi pour mes échantillons n’apoint cru dans les bois , mais il était sauvageon , etde l’espèce que , dans nos campagnes , ils nommentverdieau ou verdeau, Elle produit une poire verte quin’excède pas la grosseur du petit rousselet, et qui ena la forme. Elle est trop âpre pour être mangée. Onl’écrase sous la meule , on en tire le jus, on le laissefermenter , et on obtient une liqueur assez forte ; enfaisant macérer dans l’eau le marc qui reste, ou lapoire concassée seulement, on obtient une boissonplus faible qui n’est point désagréable.
Le verdeau charge prodigieusement en certainesannées; il a été de quelque ressource en 1789, oùles vignes ont manqué. L’arbre devient très-grand etn’est pas délicat sur le terrain ; j’en ai vu qui pros-péraient sur des fonds très-médiocres. On ferait biend’en planter dans les angles des haies qui bordent leschemins de traverse.
La couleur de l’échantillon que j’ai conservé , est