Buch 
1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
Entstehung
Seite
68
JPEG-Download
 

68 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS.

« Son bois n’est point rempli de nœuds comme lesapin ; il est excellent pour la charpente , ses poutressont d’un très-bon usage et point sujettes à plier; onl’emploie avec confiance dans les lieux frais, commepour les planches des caves ; il y reste intact et inal-térable', môme en portant sur le terrain ». ( M, . le pré-sident de la Tour-d’Aigues. )

« De l’aveu de tous ceux qui connaissent le mélèze,c’est le meilleur de tous les bois , soit pour la char-pente , soit pour la menuiserie. Sa force égale aumoins celle du chêne, et l’on ne connaît pas les bornesde sa durée. Chez les Grisons on en fabrique des ton-neaux qu’on peut appeller éternels, et où le spiri-tueux du vin ne s’évapore presque pas. Dans le haut-Dauphiné , la Savoie, le pays de Vaud , on en bâtitdes maisons , en plaçant des pièces de bois d’un piedenviron d’équarrissage les unes sur les autres. La cha-leur du soleil fait sortir la résine de l’arbre ; cette ré-sine bouche tous les vides , et l’édifice , impénétrableà l’air et à l’humidité, dure des siècles sans s’altérer.,..On fait avec le mélèze des mâts pour naviguer sur lelac de Genève ; ils y durent environ cinquante ans ;presque tous les bordages de ces barques sont de cebois , et durent le double du chêne ». ( Rozier. )

L’écorce des jeunes mélèzes sert à tanner les cuirs;enfin l’on sait que l’on tire de cet arbre la térében-thine connue dans le commerce sous le nom de téré-benthine de Venise , et la manne dite de Briançon ,dont on ne fait point commerce.

Tant de qualités précieuses doivent naturellementinspirer le désir de semer et de cultiver du mélèze àtout propriétaire qui aura quelques parties de mon-tagnes a garnir , et qui ne craindra pas de faire à sapostérité le sacrifice de quelques légères avances.

J’ai la plus grande impatience d’éprouver la forceet l’élasticité de son bois; à en juger par sa pesanteurspécifique , il doit être incomparablement supérieur