SECOND MÉMOIRE. 6(J
au sapin, puisque la pesanteur du mélèze est à celledu sapin à peu près comme cinq est à trois.
L’échantillon qui m’a été apporté de Savoie , n’étaitpas d’un assez gros volume pour me permettre decalculer sa retraite. Tout ce que je puis dire, c’estque la disposition des fibres du mélèze ressemblebeaucoup à celle du sapin ; que chaque couche an-nuelle est de même composée d’une zone de bois très-dur, d’un grain fin et serré, et d’une zone de boisplus mou ; que la zone dure du mélèze est sur monéchantillon d’un jaune d’abricot foncé, et la partiemolle d’un jaune plus clair ; qu’en le travaillant , ilgraisse l’outil, et qu’il n’est point propre pour le tour.
Le mélèze sec pèse à raison de 52 livres 8 onces2 gros par pied cube. Il s’est fait sur mon échantillonune légère exsudation de térébenthine , et la couleurs’en est un peu rembrunie.
Observations de M. de Malesherbes sur le mélèze.
« Depuis long tems les botanistes ont regardé lemélèze et le cèdre du Liban comme des espèces dumême genre. Linné range les deux arbres parmi lespins; il nomme le mélèze pinus larix,\e cèdre duLiban pinus cedrus. Les montagnes voisines du Valais sont la partie de la Suisse où il y a le plus de mélèzes.
» Le mélèze est le plus haut, le plus droit, le plusincorruptible de nos bois indigènes. Il est excellentpour tous les usages et très-recherché ; car , en plu-sieurs cantons de la Suisse , une pièce de bois de mé-lèze coûte le double d’une pièce de chêne des mêmesdimensions.
» J’étais dans le Valais en 1778 ; on me fit voir dansla vallée du Rhône une maison de paysan construiteen mélèze ; la date de sa construction y est inscrite;elle existait depuis depuis deux cents quarante ans ,exposée à toutes les injlires de l’air, et le bois en était