7O QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS.
encore si sain et si entier, que je ne pouvais presquey faire entrer la pointe d’un couteau.
» J’ai entendu dire à des personnes qui ont cherchédans les montagnes de la Suisse des bois propres à lamâture , qu’elles avaient lait des essais sur le mélèze.Ce bois est beaucoup plus lourd que les pins et lessapins, ce qui semble le rendre moins propre à cetusage ; mais comme il est plus fort, elles imaginèrentqu’on pourrait employer pour la mâture des piècesd’un moindre diamètre que celles de pin et de sapin,et obtenir une égale résistance malgré la diminutiondu volume,
» Je ne sais pas si cette spéculation aurait réussi.On m’a dit qu’on renonça à faire l’expérience , parceque , dans un pays où il y a beaucoup de mélèzesd’une hauteur prodigieuse, on en trouva très-peu qui,sur la hauteur requise pour des mâts , eussent memele diamètre auquel on consentait de se réduire.
» On tire malheureusement peu de parti d’un boissi précieux , parce que la nature ne le produit ordi-nairement que sur des montagnes très-escarpées, au-dessus de la région où se trouvent les sapins , et d’oùil est très-difficile de descendre de grosses pièces debois. Il faudrait, pour les exploiter, construire à grandsfrais des chemins tels que ceux que la France a faitouvrir dans quelques parties des Pyrénées .
» On m’a dit à Berne que depuis quelques annéeson a fait semer dans la plaine un bois de mélèze assezconsidérable , pour en tirer un jour des bois utiles etd’une facile exploitation.
» En effet , les cultivateurs français, anglais , alle-mands savent , depuis cinquante ans , que cet arbre,que la nature semblait avoir rélégué sur le haut riesmontagnes, réussit cependant très-bien dans la plaine,quand on se donne la peine de le cultiver.
» Nous ne sommes.point encore certains que lesmélèzes plantés dansnos plaines y parviennent jamaisà la même hauteur que dans les Alpes ? mais nous