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1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
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SECOND MÉMOIRE. Jt

savons déjà qu’ils s’élèveront pour le moins à la hau-teur de nos chênes , et que l’hiver de 1789 ne leur apoint été funeste. Cette expérience était nécessairepour les cultivateurs ; car il n’est pas sans exempleque des arbres venus de hautes montagnes, et mêmede la zone glaciale , succombent aux grands froidsdans les climats tempérés. Nous en donnerons unexemple en parlant du cèdre du Liban (1).

» Il faut se procurer de la graine de mélèze, oudans le Dauphiné , ou dans la Savoie , ou dans laSuisse . Jusqu’à présent la graine des mélèzes de nosjardins n’a pas été fertile ; mais ne désespérons pasd’en avoir de bonne quand les arbres seront encoreplus vieux. N’a-t-on pas cru pendant long-temsque lagraine des tulipiers d’Europe était stérile? Cette stéri-lité a cessé sur les plus vieux tulipiers de Malesherbes .

» Depuis que la culture des arDres exotiques a prisfaveur, l’expérience nous a appris que le mélèzes’élève aisément dans nos jardins. Cependant il nes’en trouve jamais dans les Alpes qu’à une grandeélévation , et on ne les connaît pas dans les Pyrénées .Comment se fait-il qu’un arbre dont la graine estallée , et portée au loin par les vents , reste depuistant de siècles dans la région la plus élevée des Alpes ,sans qu’on en voie au milieu des bois dans la partie

(i) Il arrive meme quelquefois que les arbres qui résistent aux hiversles plus rigoureux , môme parmi les arbres toujours verts , soient exces-sivement sensibles aux gelées du printems , lorsque leurs feuilles nou-velles commencent de se développer. L’if est de ce nombre , de même quele genévrier ; heureusement le mélèze est assez tardif , ainsi que les sapins*.Les boutons de ceux-ci sont en outre couverts d’une pellicule , d’uneespèce de calotte qui les tient à l’abri pendant fort long-tems ; mais legros bouton de la cime , ce bouton qui produit la flèche destinée au pro-longement de la tige principale , est le plus lent de tous à se développer *il ne part , dans le mélèze , que plus de trois semaines après que tontesles houpes sont épanouies. On peut faire la même remarque sur les sapinset sur les sapinettes ; il semble que tous les efforts de la nature se réu-nissent pour la conservation de cet embryon précieux , de ce boutonuuique. Je dis unique , non-seulement parce qu’il remplit le rôle prin-cipal , mais parce qu’il n’y en a véritablement qu’un de son espèce dans,lu sapin ordinaire. Voyez l’article Sapin. ( IVote de 1Y£, de Feuille. )