72 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS.
inférieure des mêmes montagnes ? On serait tentéde croire que l’air raréfié lui est absolument néces-saire , si cette opinion n’était pas contredite par lesuccès du mélèze dans nos jardins.
» Je vais rapporter ce que j’ai observé , à ce sujet,pendant que j’étais dans le Valais et dans le gouver-nement d’Aigle , province de la république de Berne .
» Cette vallée est celle où coule le Rhône depuissa source jusqu’à ce qu’il se jette dans le lac de Ge-nève ; elle est resserrée au midi par la chaîne deshautes montagnes qui la sépare de l’Italie , et au nordpar la chaîne qui la sépare du canton de Berne , etdes lacs qui se déchargent dans le Rhin .
» C’est sur-tout dans le gouvernement d’Aigle queje me suis attaché à considérer la situation des boisde mélèze.
» De la vallée où j’étais, on voit commodémentles differentes régions de la chaîne des montagnesdu canton de Berne , dont le sommet est couvert deneiges éternelles, et où sont situés les glaciers deGrindelwald .
» Immédiatement au-dessous des neiges et desglaces sont des pâturages sans arbres.
» Les bois sont au-dessous de cette région. Il y ena de trois sortes, qu’on distingue aisément par leurverdure : les bois de mélèzes , les bois de sapins et lesforêts de chênes; et dans celles-ci se rencontrent,avec le chêne , les autres espèces d’arbres de nos cli-mats ; mais le mélèze et le sapin ne sont point entre-mêlés d’autres arbres. On voit des bois entièrementde mélèzes, entièrement de sapins , comme aussi desbois entiers de pins. Les mélèzes occupent la régionsupérieure; les chênes et autres arbres à feuilles, larégion intérieure; et les sapins, la région moyenne.
» Je savais que dans la ville de Berne il y avait uncultivateur très-éclairé, nommé M. le juge Veillon,qui s’était particulièrement occupé de la culture desmélèzes. J’allai le voir ; il me retint chez lui, et