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1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
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74 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS.

un arbre délicat auquel nuit le voisinage des autresarbres et plantes.

» Cela posé , il est aisé de concevoir comment lagraine de mélèze , apportée par les vents , ne produitpoint, dans les environs, de jeunes mélèzes.

» Si ces graines tombent dans les bois de sapins,qui sont les plus voisins, l’intolérant sapin ne permetpas au mélèze de s’y établir.

» Si elles tombent plus bas , mais toujours sur lacôte, ce sera dans des bois de chêne, qui n’est pasun arbre intolérant; mais ces bois sont excessive-ment fourrés , pleins d’épines, de ronces , de fram-boisiers , de noisetiers , d’épines-vinettes , au milieudesquels une plante aussi délicate que le jeune mé-lèze ne saurait s’élever.

» Quant aux graines que le vent emporte jusquedans la vallée, elles y trouvent trois sortes de ter-rains ; des terres labourées , des vignes et des pâtu-rages.

i> Dans la terre labourée , les petits mélèzes qui ylèvent sont renversés par le soc de la charrue ; dansles vignes , ils sont arrachés comme de mauvaisesherbes par les sarclcurs ; dans les pâturages , ils sontmangés ou foulés aux pieds par les vaches ou leschevaux; je ne dis pas par les moutons et les chèvres,parce que dans ce pays-là je n’ai vu paître les mou-tons et les chèvres qu’au haut des montagnes. Le ha-sard a fait croître quelques mélèzes chez M. le jugeVeillon , parce que la crête élevée sur laquelle leurgraine avait germé, les tenait loin de la portée dupied ou de la dent des vaches.

» Le même événement s’est répété sans doute dansd’autres pâturages ; mais le mélèze, qui, dans sajeunesse, ressemble à une hérbe, n’a point attirél’attention des propriétaires ; il fallait que le fait ar-rivât chez un agriculteur naturaliste, tel que M. Veil-lon , et qui eût assez de vertu pour sacrifier son utilitéparticulière à une grande utilité publique.