SECOND MÉMOIRE. jS
» Cette expérience prouve que le mélèze prospèredaps la plaine , en éloignant ce qui peut lui nuire;mais elle ne décide point d’une manière absolue si cetarbre ne se plaît pas encore davantage dans la régionoù l’air est plus raréfié : le tems seul peut décidercette importante question ».
Le récit de M. de Malesherbes et les réflexions decet habile observateur, redoublent mon empresse-ment d’étudier dans sa vraie patrie les qualités encoreinconnues d’un arbre aussi précieux que le mélèze.
Il est hors de doute que sou bois ne soit incompa-rablement plus durable que celui du sapin ; maisnous ignorons quelle est sa force comparativementavec la force du sapin ou du pin du nord. Pour un.objet d’une importance aussi majeure , pour un objetqui intéresse la marine d’un grand royaume, il ne suf-fira plus de faire casser des solives de deux poucesd’équarrissage et de sept pieds de longueur : cetteexpérience doit être faite comme le célèbre Buff'onfaisait ses expériences forestières , sur des poutres dehuit pouces d’équarrissage et de vingt à trente piedsde longueur ; et si l’on suit la méthode que j’ai dé-crite dans mon premier mémoire , on introduira l’ex-trémité de la poutre dans le creux d’un rocher ca-pable de résister à la force d’un levier de celle lon-gueur , chargé d’un poids énorme. Le mélèze sembleavoir été destiné par la nature aux plus grands et auxplus importans services, puisqu’il est le géant desarbres ; c’est donc en géant qu’il doit être traité , etnon comme l’humble cytise.
Mais la grosseur du mélèze est-elle proportionnéeà sa taille ? Il paraît, par le récit de M. de Males-herbes , qu’à cet égard on lui fait quelques reproches.Cependant l’arbre cité par Pline portait près de deuxpieds d’équarrissage. D’ailleurs la situation des forêtsde mélèzes abandonnés à eux-mêmes dans la hauterégion où leur intolérance le6 a rélégués, et l’extrêmedifficulté du transport , font présumer qu’ils ont été