SECOND MÉMOIRE. 79
la dessiccation ne lui ferait pas perdre au-delà duquart de son volume.
Il est excellent pour les pièces de charronnage rus-tique qui exigent de la force. On ne doit l’employerque très-sec, pour que l’ouvrage soit solide; maiscomme il est alors excessivement dur, les ouvriersn’attendent pas qu’il ait acquis le degré de siccitéconvenable.
Rarement le tronc du charme est bien filé , plus ra-rement eneore il est bien arrondi. La contexture deses libres est singulière : ses couches annuelles nesuivent pas une ligne uniformément circulaire commecelle des autres arbres ; les couches du charme sontondulées et en zigzag , et ses fibres transversales, quivont de la circonférence au centre, plus largementprononcées , laissent entre elles plus d’intervalle quel’on 11’en observe dans la plupart des autres bois.
Le charme est conséquemment difficile à travail-ler; il est rebours , il s’élève par esquille sous l’outil,ce que l’ouvrier appelle être teilleux. Mais si sesfibres contranchées et dures, et si sa tendance à faireretraite le rendent peu propre aux ouvrages de me-nuiserie, elles le rendent supérieur à tous les autresbois pour en construire des masses , des maillets ettous les instrumens qui doivent, ou frapper un grandcoup , ou opposer une forte résistance.
La couleur du charme est d’un blanc terne ; songrain est serré, mais son poli est mat. Ce bois, enfin,plus utile qu’apparent, plus rustique qu’agréable,n’entre guère dans l’enceinte des villes que pour yêtre consumé ; et quoiqu’un peu moins dense que lehêtre, il dure davantage au feu.
Chacun des côtés du parallélipipède de six poucess’est retiré de dix lignes. Il s’est fait une fente du hauten bas de six lignes et demie d’ouverture. Il a perduun quart et un cent vingt-huitième de son volume.
Le charme vert pèse 61 livres 3 onces par piedcube , et contient environ deux fois autant de parties