SECOND MEMOIRE. 98
Les auteurs sont peu d’accord sur les noms donnésaux variétés d’ormes qu’ils décrivent, et j’en suis peusurpris: en semant de lagraine d’ormes champêtres, j’enai obtenu à larges et à petites feuilles; j’ai eu des ormeshâtifs et des ormes tardifs , à écorce lisse et à écorceraboteuse; les branches de quelques-uns s’élancaientavec la forme pyramidale , d’autres affectaient la di-rection horizontale. Je ne fais aucun doute que ,lorsque nous aurons entièrement acclimaté et multi-plié les arbres d’Amérique , par la voie des semencesnées en Europe , il n’en résulte des variétés incon-nues à l’Amérique elle-même. M. de Malesherbes n’a-t-il pas obtenu , en semant les graines de ses pla-tanes, une variété de platane-tortillard très-singu-lière , et qu’il est infiniment intéressant de conserver ?( Voyez l’art. Platane. )
Voici ce que cet excellent observateur a bien voulume communiquer sur forme-tortillard , ulmus majorramos extra se spargens , ampliore folio j et le tor-tillard , comme on sait, est ia plus recherchée desvariétés d’ormes , ses fibres croisées le rendant sin-gulièrement propre aux ouvrages de charrounage,pour lesquels il faut un bois qui n’ait pas de fil:
« C’est une question de savoir si l’orme-tortillardest une simple variété , un accident de quelques indi-vidus , ou s’il est une espèce botanique qui se repro-duise par les semences.
» Depuis plusieurs années j’ai fait recueillir à Ma-lesherbes de la graine sur des pieds d’ormes-tortil-lards , et cette récolte demande quelque attention ,pour empêcher que la graine des tortillards ne semêle avec celle des autres ormes. Il faut saisir l’ins-tant de la maturité , monter sur l’arbre et l’y cueillir;car, dès qu’elle est mure , elle tombe.
» A présent mon jardinier prétend parfaitementconnaître , au simple coup-d’œil, la graine du tortil-lard , et ne la pas confondre avec l’autre. Si sonobservation est juste , elle donne lien de préjuger