IOO QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS.
dures , croisées en tous sens ; la tige elle-même , dumoins quand l’arbre est encore jeune, en est cou-verte 3 et si vous l’en dépouillez, elle en repoussede nouvelles et de plus fortes encore l’année suivante:j’en ai coupé qui avaient neuf pouces de longueur. Sicet arbre était plus commun , on pourrait y faire an-nuellement une récolte d’épines, qui formeraient uneclôture invincible. A plus forte raison les clôtures dugledilzia vivant seraient impénétrables aux hommeset aux animaux.
Malheureusement cet arbre est encore rare , quoi-que robuste et peu délicat sur le terrain 3 mais onn’a point encore trouvé , que je sache , d’autresmoyens de le multiplier que par les semences quinous viennent d’Amérique : apparemment que lesgleditzia de France ne sont point encore assez ancienspour donner de la graine féconde (1).
Ne possédant qu’un seul gleditzia un peu fort, jen’ai pas osé le couper à fleur de terre , pour lui fairepousser des tiges que j’aurais couchées. Un semblableessai ne m’avait pas réussi sur le pseudo-acacia ; lesbranches couchées avaient poussé vigoureusement 3comme il ne s’était développé'aucune racine, j’aicraint de sacrifier inutilement mon gleditzia. J ’ai vai-nement essayé d’en faire des boutures, et ses greffesne se sont point collées sur le pseudo-acacia. Pourdernière ressource , j’avais déterré quelques-unes desracines du gleditzia, elles étaient de la grosseur dudoigt 3 j’en ai fait sortir les chicots hors de terre , à lahauteur de deux à trois pouces. Une seule de ces ra-cines a poussé une petite branche qui a péri l’annéesuivante. Peut-être cette expérience réussirait-elledans un terrain meilleur que celui qu’occupe mongleditzia , qui se trouve sur une veine de gravier assezdure, couverte de huit à dix pouces de terre forte.
(1) On m’a assuré , depuis peu, qu’il y avait dans le LaBguedoc desgleditzia féconds.