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1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
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SECOND MÉMOIRE. IOI

TI m’a été donné au jardin dn Roi un échantillonde bois de gleditzia , et j’en ai tiré un parallélipipèdede six pouces de longueur sur deux pouces d’équar-rissage, de présumais que le bois en était sec; maiscomme , dans l’espace de deux mois , il a perdu au-delà d’un gros et demi , suivant toute apparence , ilperdra encore de son poids , qui aujourd’hui est à rai-son de 49 livres 2 onces 4 gros par pied cube.

Autant que j’en puis juger par mon échantillon,le bois du gleditzia a beaucoup de rapport et de res-semblance avec celui du pseudo-acacia. Mon échan-tillon n’ayant pas été pris sur un gros arbre, le centredu parallélipipède se trouve correspondre au centrede l’arbre ; les quatre laces ne présentent par consé-quent aucune variété.

Sa teinte tire sur le ronge. Les éruptions transver-sales y sont fort apparentes , quoique très-fines; onapperçoit enfin dans les zones annuelles ces memesfibres longitudinales , ces mêmes faisceaux en point'd’Hongrie que j’ai remarqués sur le pseudo-acacia etl’orme.

Ici finit le peu de connaissances que j’ai pu acqué-rir par moi-même sur le gleditzia ; mais M. de Ma-lesherbes va nous fournir d’autres détails iutéressans:

« J’ai, dit-il , un gleditzia inermis qui n’est cer-tainement pas le gleditzia inermis Javanica de Linné,puisqu’il n’a pas plus souffert de l’hiver de 1789 que legleditzia triacanthos ; il n’en est qu’une variété pro-venant du même paquet de graine qui m’avait été en-voyée d’Amérique , et qui a donné des acacias. trèSr-épineux (1).

(1) Ce fait me paraît d’autant moins extraordinaire , qu’en voici un,aussi singulier , quoiqu’en sens inverse ; c’est celui d’une plante qui n’estpas naturellement c'pineuse , et qui, semée , m’avait donné un individuchargé de fortes épines. J’avais semé , il y a une vingtaine d’années , uneassez grande quantité de graine d’œillets dans une terre neuve et excel-lente : parmi les plantes qui levèrent, j’apperçus un œillet très-vigou-reux , arborescent ; non-seulement la tige en était épineuse , mais il yavait des épines très-piquantes sur la cote des feuilles. J’avais recommandé