102 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS.
» Entre ceux qui portent des épines , celui de laChine est regardé comme une espèce 5 on m’en donnades greffes au jardin du Roi, elles ont repris sur lesgleditzia ordinaires.
» Quant à celui d’Amérique , mon jardinier endistinguait trois espèces , que les botanistes ne regar-deront , s’ils le veulent , que comme des variétés.
» L’une des trois , qui n'a pas encore donné defruit , se distingue par sa feuille , beaucoup plus fineque celle des autres gleditzia 5 j’en avais depuis très-long-tems un pied sans me souvenir d’où il me venait;et comme ce pied unique était dans un mauvais ter-rain , j’ai attribué long-tems à ce terrain la petitessede ses feuilles ; mais cet arbre ayant poussé un re-jetton de sa racine , je l’ai planté dans un bon terrainoù il a conservé la môme feuille.
» Dans le meme terrs, je fis venir deux pieds d’uneespèce que le pépiniériste d’Orléans qui les vendaitnommait gleditzia à Jeuille de sensitive ; c’était lemême. Je suis donc à présent persuadé que celui-ciest une espèce , parce que, dans l’hiver de 1789 , il<a gelé , et que les autres gleditzia ont résisté. On l’arécépé , et il repousse.
» Les deux autres variétés peuvent être au moinsconsidérées comme des espèces jardinières; elles don-nent toutes deux des graines fèr.iles, et diffèrent l’unede l’autre par le port, par les épines , par la graine,et parce que l’une a paru beaucoup plus sensible aufroid que l’autre, dans des hivers bien moins rigou-reux que celui de 1789; mon jardinier l’a nommégleditzia jriUeux. Dans le grand hiver, le gleditziafrilleux a le plus souffert, mais il n’est pas mort. Sagraine est ronde ; celle de l’autre gleditzia est ob-longne ».