120 qualités comparées des bois.américain , infiniment plus intéressant que nos gené-vriers d’Europe , puisque ceux-ci ne sont que desarbrisseaux et ne cessent d’être rampans que par arti-fice ; au lieu que le juniperus Virg'miami , ou cèdrerouge de Virginie , s’élève naturellement en pyra-mide et devient un grand arbre. Je le considère avecraison comme l’un des plus utiles présens que nousait fait l’Amérique . Mais c’est à des mains plus habilesque j’en remets l’histoire. Voici ce qu’en dit M. deMalesherbes :
« L’arbre nommé dans l’écriture sainte cèdre duLiban , est du genre des rpélèzes. Théophraste et tousles Gi’ecs donnaient le nom de cèdre h des arbres dugenre des genévriers.
»Les botanistes modernes n’ont pas osé opter entredes autorités si respectables ; cependant , voulantavoir une nomenclature systématique où toutes lesespèces de la nature fussent rangées sous des genres ,et où le nom du genre , avec des épithètes , fut celuide l’espèce, ils ont pris le parti de ne faire du nomde cèdre celui d’aucun de leurs genres.
» Mais la multitude des hommes qui a créé les lan-gues, et quiestconvenue des mots par lesquels chaqueidée serait représentée, ne se soumet pas toujoursaux décisions des savans. Les noms vulgaires donnéspar un consentement presque unanime , sont ceuxpar lesquels chaque production de la nature est leplus connue.
» Quand les Européens ont découvert de nouveauxpays, ils ont donné des noms aux plantes et aux ani-maux qu’ils y ont trouvés , et le nom de cèdre , sicélèbre dans l’écriture sainte , est celui dont ils onthonoré de très-grands arbres toujours verts , lorsquele bois leur en paru incorruptible.
»Les premiers colons de l’Amérique septentrionaleont nommé cèdre blanc un arbre du genre du cyprès