122 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS,
des mélèzes , des genévriers, des thuya , des cyprès,et de tous les arbres à qui on a donné ailleurs le nomde cèdres (i).
» Le cèdre a résisté aux hivers de 1776 et de .1789,à quelque exposition qu’il ait été planté; il est doncdémontré possible de le naturaliser à perpétuité dansnotre climat.
» Il nous reste à examiner quels sont les terrainsqui lui conviennent le mieux , quels sont les moyensde T élever , la culture qu’il faut lui donner, et l’uti-lité dont il peut être.
» Nous pouvons juger de la patrie du cèdre rougepar Kalm. Il paraît qu’il a cessé de le trouver spon-tané vers le 42 e . degré. A cette hauteur il a commencéà trouver le thuya du Canada. De ce point les thuyas’étendent vers le nord dans tout le Canada , et le cèdrerouge vers le sud jusqu’à la Floride .
» Kalm dit que le cèdre rouge ou genièvre d’Amé-rique se trouve dans les mêmes terrains où croîtspontanément le genièvre de Suède , spécialementsur les berges des rivières et sur toutes les côtes enterrain sec et en mauvaise terre ; mais qu’il y vientbien plus grand que le genièvre d’Europe (2).
( 1 ) Le grand-maître Emamtel Pinto en avait fait venir des madrierspour en construire les portes de la cathédrale de Malte. Un chevalier demes amis a eu la complaisance de m’en donner une planchette qu’il avaitramassée par curiosité dans le chantier. Je n’y ai pas trouve de différenceavec un autre bois que l’on confond quelquefois , dans le commerce , avecl’acajou ; mais qui n’est ni veiné ni moucheté comme le vrai bois d’acajou yet qui est beaucoup plus léger. ( Note de M. de Feuille. )
( 2 ) Il y a de très-vieux genévriers dans la forêt de Fontainebleau et àMalesherbes , où il paraît qu’on les a conservés avec le plus grand soin.Mais ceux-ci sont-ils de la même espèce que les genévriers de Suède ?Miller fait de ces derniers une espèce particulière sons le nom et la des-cription de juniperus Suecica , foliis ternis , patentibus , acutiorihus ,ramis erectis , bacca lon^ioribus , genévrier h feuilles étendues , à pointesplus aigues , et placées par trois , avec des branches plus érigées , et lesfeuilles plus longues que les baies. « Celte espece est indubitablement dis—» tincte du genévrier commun, ajoute Miller ; j’ai élevé l’une et l’autre» de semence pendant plusieurs années , et je ne les ai jamais vu varier.
» Cell e-ci se trouve en Suède , en Danemavck et dans la îSorwège » , et
vraisemblablement dans le Jura. ( Note de 71/. de Feuille . )