SECOND MÉMOIRE. 12^
)> Ce n’est ordinaire ni crit qu’en terrain sec que l’ontrouve le genièvre en Europe , comme le cèdre rougeen Amérique ; cependant cette règle souffre des ex-ceptions. J’ai voulu en avoir un pied dans le meilleurterrain de mon jardin , et j’ai lait élaguer ses branchesbasses ; il s’élève beaucoup plus que les genévriersde mes bois.
» J’ai essayé le cèdre rouge dans toutes sortes deterrains , à 1’cxeeption de la terre tout-à-lait maréca-geuse , de cette tourbe où il ne peut croître d’autrearbre que le cupressus distyca. Le cèdre rouge vientpar-tout , mais incomparablement mieux dans labonne terre.
» J’ai planté deux cèdres dans le plus sec , le plusmauvais , le plus stérile de tous les terrains calcaires,dans un de ces terrains où il ne se trouve que des ge-névriers disséminés de côté et d’autre, et qu’on prendle parti de laisser incultes. CJn de ces cèdres y vit ets’y porte très-bien depuis trente ans. Je ne crois pasqu’il devienne un très-grand arbre, mais il est infi-niment supérieur aux genévriers du pays à côté des-quels il se trouve , et qui sont bien plus vieux quelui.
» Je conclus de cette expérience que ceux qui veu-lent avoir des arbres toujours verts dans des terrainssecs , calcaires , et où la terre a peu de fond , doiventy employer le cèdre rouge de préférence à tous lesautres.
» Dans les bonnes terres qui ont du fond , le cèdrerouge s’annonce pour devoir être un jour un des plusbeaux arbres du monde.
» Les cèdres , au rapport de Kalrn, s’élèvent à lahauteur des plus hauts sapins. Et un Américain deConuçcticut, dont je crois l’autorité, sur ce point,égale à celle de Kalm , m’a assuré que , dans l’originede la colonie , toutes les maisons furent de bois , etpresque toutes de cèdre rouge , qui y est très-com-mun ; qu’on en faisait des poutres qui, assemblées