Buch 
1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
Entstehung
Seite
124
JPEG-Download
 

124 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS.

sans chaux , sans aucun enduit, exposées à toutesles injures de i’air , ne commencèrent à paraître al-térées qu’au bout d’un siècle ; mais comme, en lessondant , on s’apnevçut que la pourriture ne péné-trait point dans l’intérieur, on se contenta de les ra-tisser dans tous les sens, et d’en enlever environ deuxlignes d’épaisseur ; elles parurent, après cette opéra-tion , parfaitement saines et fraîches, et on les em-ploya de nouveau avec la certitude qu’elles dureraientencore un siècle dans le même état.

» Ce bois est à tel point incorruptible , qu’au rap-port de M. Demoustier, ministre de France auprèsdes Etats-Unis , on en revêtit les glacières. Kahn nousdit que , dans les cantons où cet arbre est commun ,on en fait toutes les clôtures; consommation immensechez les Anglo-Américains, dont les pâturages sontclos (i). On en fait des lattes pour couvrir les mai-sons , des meubles et de la charmante boiserie; carle cœur du bois est d’un beau rouge et répand une \odeur agréable. Cependant, à la longue , l’odeur se jperd, et la teinte rouge s’efface. ?

» Son bois n’est pas moins utile à la navigation iqu’aux usages domestiques. Kalm (tome J , p. 126, ;

et tome II , page 138 ) nous assure que les meilleurs jcanots faits d’un seul tronc d’arbre, sont ceux de cèdre >rouge ; ils dureut vingt ans, tandis que ceux de chêne Jblanc n’en durent que six. |

» Malheureusement la croissance d’un arbre aussi |utile est un peu lente. Kalm remarque ( t. II, p. 40)que , dans un tronc de seize pouces un quart de dia-mètre , il a compté cent dix-huit couches annuelles,

( 1 ) Ne pourrait-on pas , à leur exemple , en faire des écbalas pour lesvignes , en élaguant les cèdres avec précaution , et sans leur enlever unetrop grande quantité de bois , ce qui nuirait au grossissement du tronc ?

Un élagage raisonnable , lorsqu’il n’est pas trop souvent, réitéré , loinde nuire à un atbre , favorise sa croissance et force la tige à s’élancer ;mais l’arbre est bientôt ruiné , et on lui procure une vieillesse anticipée ,lorsqu’on l’élague à outrance , et qu’on réitère fréquemment celte opera-tion. Nos grandes routes en offrent mille exemples. ( Noie de il/, de i'V/u) j