124 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS.
sans chaux , sans aucun enduit, exposées à toutesles injures de i’air , ne commencèrent à paraître al-térées qu’au bout d’un siècle ; mais comme, en lessondant , on s’apnevçut que la pourriture ne péné-trait point dans l’intérieur, on se contenta de les ra-tisser dans tous les sens, et d’en enlever environ deuxlignes d’épaisseur ; elles parurent, après cette opéra-tion , parfaitement saines et fraîches, et on les em-ploya de nouveau avec la certitude qu’elles dureraientencore un siècle dans le même état.
» Ce bois est à tel point incorruptible , qu’au rap-port de M. Demoustier, ministre de France auprèsdes Etats-Unis , on en revêtit les glacières. Kahn nousdit que , dans les cantons où cet arbre est commun ,on en fait toutes les clôtures; consommation immensechez les Anglo-Américains, dont les pâturages sontclos (i). On en fait des lattes pour couvrir les mai-sons , des meubles et de la charmante boiserie; carle cœur du bois est d’un beau rouge et répand une \odeur agréable. Cependant, à la longue , l’odeur se jperd, et la teinte rouge s’efface. ?
» Son bois n’est pas moins utile à la navigation iqu’aux usages domestiques. Kalm (tome J , p. 126, ;
et tome II , page 138 ) nous assure que les meilleurs jcanots faits d’un seul tronc d’arbre, sont ceux de cèdre >rouge ; ils dureut vingt ans, tandis que ceux de chêne Jblanc n’en durent que six. |
» Malheureusement la croissance d’un arbre aussi |utile est un peu lente. Kalm remarque ( t. II, p. 40)que , dans un tronc de seize pouces un quart de dia-mètre , il a compté cent dix-huit couches annuelles,
( 1 ) Ne pourrait-on pas , à leur exemple , en faire des écbalas pour lesvignes , en élaguant les cèdres avec précaution , et sans leur enlever unetrop grande quantité de bois , ce qui nuirait au grossissement du tronc ?
Un élagage raisonnable , lorsqu’il n’est pas trop souvent, réitéré , loinde nuire à un atbre , favorise sa croissance et force la tige à s’élancer ;mais l’arbre est bientôt ruiné , et on lui procure une vieillesse anticipée ,lorsqu’on l’élague à outrance , et qu’on réitère fréquemment celte opera-tion. Nos grandes routes en offrent mille exemples. ( Noie de il/, de i'V/u) j