SECOND MÉMOIRE. 125
et que , dans un tronc de dix-huit pouces , il en atrouvé au moins deux cents cinquante , outre un plusgrand nombre de couches si minces, qu’on ne pou-vait plus les compter (i).
» Il nous reste à examiner quelle sera la meilleuremanière de multiplier le cèdre rouge en France , dele cultiver et d’en former de grandes plantations.
> Ce n’est guère que par la voie des semences quel’on peut faire venir les arbres de la famille des coni-fères. Les cèdres rouges donnent beaucoup de grainesfertiles , mais elles ne lèvent guère qu’à la secondeannée , et les graines qui ont cette propriété, ne doi-vent pas être semées dans la place même pour la-quelle on les destine , à moins qu’on en ait une siimmense quantité qu’on en puisse couvrir des champsentiers, ainsi qu’on le fait aux landes de Bordeaux àl’égard du pin mai’itime , ou dans le Brabant à l’égarddu pin sylvestre , où il se sème avec d’autres grainesqu’on sait ne devoir pas nuire un jour au pin (2).
(1) L’observation de Kalm s’accorde mal avec l’emploi qu’on fait de cetarbre en Amérique . Quel âge faudrait-il donc supposer à un cèdre rougepropre à fabriquer un canot d’un seul tronc ? L’arbre âgé de cent dix-huitans dont le tronc ne portait que treize pouces un quart de diamètre ,n’avait augmenté son diamètre annuellement que d’environ une ligne unquart. J’ai un cèdre rouge planté depuis vingt ans dans un terrain plus quemédiocre ; il porte vingt-un pouces de tour au bas de sa tige ; son gros-sissement a donc été de douze lignes trois cinquièmes par an , ou d’environquatre lignes de diamètre ; or , Duhamel ne suppose que trois lignes dediamètre annuellement pour le grossissement moyen d’un baliveau dechêne. Le cèdre rouge grossit donc au moins à l’égal du chêne. ( I\ r ote deM. de b'enïlle. )
( 2 ) En général les plautules et les radicules des conifères sout très-déli-cates ? lors même que les arbres qui en proviennent sont naturellementtrès-robustes. Il faut donc à ces graines une terre légère et que les feuillesséminales puissent percer aisément , quand même l’arbre adulte ne crain-drait pas les terres fortes. En outre , la croissance des conifères est extrê-mement lente dans leur première jeunesse , et dans cet état un soleil ardentleur est très-nuisible. La graine se fond , comme disent les pépiniéristes.Les arbres à pépins , ou à noyaux , ou â grosse graine enfin ont aucontraire une radicule , un pivot qui s’enfonce , dès la première année , àune beaucoup plus grande profondeur que la planlule ne s’élève ; ce pivotrobuste aide lu plantule à se défendu ; mais il n’en est pas de même à