128 QUALITES COMPARÉES DES BOIS.
QUERCUS ROBUR LIN.
CHÊNE ORDINAIRE.
On ne pénètre point l’enceinte d’une vaste forêt dechênes antiques sans être ému : on se plaît à en parcou-rir les détours , on ne s’en arrache qu’avec peine , ony retourne avec délice , tant le spectacle en est richeet varié , imposant eh majestueux.
Si l’on considère ensuite un certain nombre dechênes suffisamment espacés dans un terrain fertile,on est frappé de la vigueur que ces arbres font paraître,de la force qu’ils promettent, de la beauté et de ladiversité de leurs formes, de la proportion qui règneentre les branches et le tronc qui les supporte, de lafraîcheur et des reflets d’un feuillage qui, ni trop, nitrop peu touffu , permet à l’air et à la lumière de cir-culer librement. Heureux habitans des plaines , jouis-sez des bienfaits que vous a prodigué la nature, maiscraignez d’en abuser; gardez-vous sur-tout de lesanéantir en portant dans vos bois un fer destructeuravant l’ordre des tems.
Les forêts d’arbres résineux ont incomparablementmoins d’agrémens que d’utilité, et même elles sontnécessaires aux vallées Alpines , qu’elles protègentcontre les terribles effets des avalanches ; mais plusla région qu’habitent ces forêts est élevée , moins letransport de leurs dépouilles est praticable. L’œil quiles considère est plus surpris que satisfait ; et bientôtleur uniformité nous fatigue , leur sombre couleurnous attriste, l’ennui nous gagne , et nous les quittonssans éprouver de regrets.
Les pins , les sapins, les mélèzes ne souffrent pasde mélange ; si quelque lisière de forêt de sapins quej’ai vu entremêlés de hêtres , font une exception par-ticulière à cette règle , elle n’en est guère moins gé-nérale.Lesapinne vit pas même avec l’épicia, nilepin
maritime