146 QUALITÉS COMPARÉES DES DOIS.
Cet article était rédigé depuis deux ans. .T’étaisalors hors d’état de lui donner plus d’étendue , et jeme voyais avec regret privé des connaissances quej’aurais désiré d’acquérir et de transmettre dans maprovince sur un genre d’arbre aussi précieux. I,'hiverde 1789 m’avait enlevé le peu de pins exotiques queje cultivais. Diverses circonstances ne m’avaient pasencore permis d’examiner d’autres pins que les pinsde Genève , ni d’autres forêts de pins de Genève quele petit nombre de celles qu’011 a anciennement se-mées dans ma province , où on les a malheureuse-ment trop négligées. Mais ce qu’il n’a pas été en monpouvoir d’exécuter , M. de Malesherbes va le faire ,et cet article, eu ses savantes mains , est devenu leplus intéressant et le plus complet de mon ouvrage.
Observations de M. de Malesherbes sur les pins en
général, et en particulier sur le pin maritime.
En cultivant les pins , c’est principalement l’utilitéque l’on considère ; cette culture doit donc être faiteen grand. Les propriétaires qui s’en occupent y sontdéterminés par deux puissans motifs : les terrains quiconviennent le mieux aux pins , sont de peu de va-leur , et la plus grande dépense consiste à répandredelà graine avec profusion , après quoi la culture desjeunes arbres n’exige plus aucun soin , ils prennentinsensiblement le dessus sur les herbes.
On tient pour principe , et ce principe , consignédans les ouvrages de Duhamel, est confirmé par unelongue suite d’expériences , qu’il est inutile , qu’il se-rait même nuisible de fatiguer les racines des jeunespins par l’opération du sarclage. Ainsi, lorsqu’on asemé un bois de pin , il laut l’oublier pendant plu-sieurs années.
Les cultivateurs ont donné pendant long-tems lapréférence aux pins maritimes sur les autres espècesde pins. Ce qui les a déterminés est , je crois , la